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INTERVIEW avec : Saïd Boukhari, directeur des Sports au ministère de la Jeunesse et des Sports « Les rapports financiers ne sont que des tableaux de trésorerie qui ne donnent aucune image de la gestion financière »

lundi 27 décembre 2010
par Youssef BOUKDEIR
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Le directeur des sports a accordé une interview très intéressante au journal Le Matin paru le 21 - 12 -2010 ; à toutes fins utiles nous publions l’intégralité de cet entretien tiré du site : www.lematin.ma

Le Matin Sports : Quelle évaluation faites-vous des contrats objectifs signés il y a un an avec l’ensemble des Fédérations ?

Saïd Boukhari : Si on se réfère aux réunions que nous avons tenues avec certaines Fédérations, le bilan n’est pas reluisant. Si on prend le cas des licences, on estime le nombre de licenciés toutes Fédérations confondues à seulement 250.000. Ce chiffre pose un petit souci dans la mesure où il n’y a pas de recoupement systématique avec le système d’assurance. Une licence équivaut automatiquement à une assurance, or nous n’avons pas 250.000 assurés. Le fait aussi que nos licences ne soient pas annuelles veut dire que le chiffre avancé par les Fédérations ne reflète pas l’image réelle des licenciés. Ceci dit, même à 250.000, le nombre des licenciés reste encore dérisoire. Il représente à peine 0,8 % de la population marocaine. Comparé à de grandes nations du sport, où ce chiffre tourne autour de 25 %, avec des licences renouvelées tous les ans et en adéquation avec le système d’assurance, le Maroc est encore à la traîne. En Tunisie par exemple, ce chiffre atteint 1,3 % de la population, soit 50% de plus qu’au Maroc. De ce fait, la loi 30-09 relative à l’éducation physique et au sport impose aux Fédérations le renouvellement annuel des licences, parce que sans un véritable effort pour la gestion administrative informatisée des licences, le nombre risque de baisser de manière significative en 2011-2012, c’est-à-dire lorsqu’on va revenir au chiffre réel et non plus aux 250.000 avancés.

Combien de Fédérations ont-elles rendu au ministère leur rapport de gestion ?

Pour le moment seules 19 Fédérations ont répondu aux invitations pour tenir des réunions. Les autres ont toutes demandé des reports pour des raisons diverses. Il est à constater que les Fédérations n’arrivent pas à mettre en cohérence leur gestion administrative. A ce jour, plus de la moitié des Fédérations n’ont pas tenu leur assemblée générale et donc n’ont pas finalisé leur rapport moral et financier et, par conséquent, n’ont pas remis leur rapport de gestion au ministère. On entend par rapport de gestion l’évaluation du degré d’atteinte des objectifs du contrat signé par chaque Fédération. Sur les 19 qui ont remis un pré-rapport, plusieurs constats peuvent être faits :

1 – Très faible culture de l’évaluation, c’est-à-dire que le contrat-objectifs n’a pas été utilisé comme guide.

2 – La notion de bilan d’activité n’existe pas, on est plus dans le rapport moral global et imprécis, remis à la dernière minute aux adhérents et discuté à différents degrés, selon les objectifs électoraux, que dans des rapports de gestion détaillés. On se retrouve souvent avec de la littérature pré-électorale. Il y a une Fédération qui n’a pas utilisé comme guide de son activité le contrat-objectifs, c’est le cas de la Fédération de judo.

Est-ce que vous ne pensez pas que ce retard menace la saison sportive des Fédérations ?

Au rythme où les Fédérations remettent leurs rapports de gestion, valident l’évaluation et signent les avenants aux contrats sportifs, la moitié de la saison est déjà terminée. Il est donc impératif que les délais mis en place soient respectés pour permettre un fonctionnement normal et créer une véritable dynamique d’amélioration. Mais certains préfèrent jouer la montre pour échapper aux contrôles, mais ça ne sera pas le cas.

Qu’en est-il de la gestion financière et comptable des Fédérations ?

Dans la logique sportive nationale et dans la vision de l’association, certains pensent qu’une association n’est pas soumise aux règles comptables et fiscales. Or une association doit tenir une comptabilité conforme au règlement en vigueur. Mais chez nous, certains se contentent des rapports financiers qui souvent ne sont que des tableaux de trésorerie qui ne donnent aucune image de la gestion financière et comptable des Fédérations. L’approbation du rapport financier signifie pour beaucoup un quitus, alors que ce rapport entraîne d’autres obligations vis-à-vis de la loi. Cette faiblesse de l’organisation de la gestion comptable est aggravée par les soi-disant rapports des commissaires aux comptes qui n’ont aucun apport pour l’amélioration de la gestion financière des Fédérations.

Quelle est la répartition de ces licences entre les hommes et les femmes, les jeunes et les moins jeunes ?

La part des femmes est de 17 %, soit à peu près 40.000 licenciées. En France ce pourcentage est de 36 % et en Tunisie 25 %. Par tranches d’âge, au niveau des Fédérations olympiques, la catégorie des moins de 12 ans représente 14 %, celle entre 12 et 18 ans, 30 %, 18-40 ans, plus de la moitié et 41 et plus, 5 %. Ces statistiques posent la question des compétitions des masters au Maroc auxquelles personne ne s’intéresse.

A combien estime-t-on donc le nombre réel des licenciés ?

A 150.000 licenciés. Il y a certaines Fédérations où la licence ne correspond à rien du tout. Certaines mêmes ont ouvert un système de licences gratuites. Dans ce cas-là, la licence ne signifie pas que son détenteur est un pratiquant du sport. C’est la cas de la Fédération du handball et du tennis de table qui considèrent qu’un système de licence payante et un handicap, ce qui est faux.

Qu’en est-il du critère relatif aux manifestations sportives ?

On constate une grande faiblesse des compétitions sportives pour les catégories des jeunes et, surtout, très peu de compétitions régionales, chose qui pénalise le développement de la pratique du sport dans notre pays et entraîne une concentration des licenciés pratiquants sur l’axe Rabat-Casablanca qui s’accapare de 50 % des compétitions. Avec la concentration du sport dans cette région, on aura du mal à détecter de jeunes talents prometteurs en mesure d’assurer le haut niveau au Maroc.

Ne pensez vous pas qu’il y a une ambiguïté dans le rôle que doivent jouer les Fédérations en rapport avec le ministère de la Jeunesse et des Sports ?

Les Fédérations ne sont pas encore convaincues qu’elles constituent le moyen d’action du ministère, au niveau du sport, une fois habilitées. Elles sont dans un système où elles veulent préserver leur indépendance vis-à-vis du MJS, alors qu’elles perçoivent des subventions de l’État qui couvrent presque 100 % de leur budget et accèdent à ses infrastructures gratuitement. Or la loi est claire, ne peut être habilitée que la Fédération qui applique le programme sportif national établi par le gouvernement et mis en œuvre par le MJS.

Par LE MATIN



Commentaires

Logo de LAMETI Mohamed, LAMALIF
mardi 28 décembre 2010 à 18h06, par  LAMETI Mohamed, LAMALIF

L’interview de Monsieur Boukhari, directeur des Sports au Ministère de la jeunesse et des Sports a été certainement bien programmé. Il intervient à l’occasion de la tenue des assemblées générales des fédérations sportives dont plus de la moitié ne se sont pas encore réunies. Une différence de taille existe avec les années précédentes, et M Boukhari a tenu à le souligner à plusieurs reprises, aujourd’hui il y a les contrats-objectifs dont les termes engagent les fédérations à dresser un bilan sur les réalisations des objectifs. Les fédérations ne peuvent plus se contenter de la discussion et de l’approbation des rapports moral et financier, qui restent, toutefois, une obligation légale dans la logique de gestion d’une association sous tutelle.

Des points forts de l’intervention retiennent l’attention :

-  Personne ne peut échapper au contrôle et les manœuvres dilatoires pour retarder l’échéance seront vouées à l’échec. La mise en garde de M Boukhari est sévère : "Certains préfèrent jouer la montre pour échapper au contrôle, mais ça ne sera pas le cas."

-  Le quitus de l’AG ne dégage pas les responsables des fédérations, "…alors que le rapport( financier) entraîne d’autres obligations vis-à-vis de la loi" Que dire alors des quitus arrachés par des manipulations illégales ? Dans beaucoup de cas, même les dispositions statutaires des fédérations ne sont pas respectés pour donner une plus grande crédibilité aux quitus : les budgets prévisionnels qui peuvent constituer une base pour les engagements des fédérations ne sont jamais débattus dans les AG comme le stipule les statuts. C’est le cas de la FRME. Et il n’existe pas de contrôle ou d’audit interne exercés par une commission compétente ou par le biais du bureau fédéral afin d’assurer une préparation sérieuse du rapport financier reflétant l’état réel des finances de la fédération. Une commission mort- née de la FRME ne s’est jamais réunie pour mener sa mission de contrôle interne des finances de la fédération. Elle n’a jamais été convoquée en réunion alors qu’elle réunissait les conditions pour établir une organisation comptable réelle de la FRME. Les rapports des commissaires aux comptes ne peuvent ici servir d’échappatoires. M Boukhari n’a pas été tendre à leur égard. Qu’en est-il de ces prétendus rapports ? :

*Ils visent dans beaucoup de cas à cacher la faiblesse de l’organisation comptable et ne contribuent nullement à l’amélioration de la gestion des fédérations. En effet, la comptabilité , comme l’on sait est une technique d’enregistrement des opérations financières dont l’objet est de présenter une image fidèle du patrimoine et de la situation financière d’une entité institutionnelle ( entreprise, association, établissement public, etc.). Mais elle est aussi un processus continu qui permet d’enregistrer ces opérations d’une manière périodique dans des cadres et nomenclature pour dégager une vision permanente de la situation financière. Cela permet d’avoir un tableau de bord qui garantit un contrôle permanent et en même temps sert d’outil pour la gestion et la prévision. Ce n’est pas le cas dans la plupart des fédérations, et notamment la FRME où les soi-disant enregistrements comptables ne sont en fait que le résultat d’une collecte en fin de saison de toutes les pièces justificatives et leur assemblage pour la confection d’un rapport financier sans support comptable réel et où les règles de l’art cèdent le pas au bricolage et à l’improvisation. Pourtant toutes les fédérations ont reçu une circulaire relative à l’organisation comptable. Peu d’entre elles s’y sont conformées , et la FRME n’en fait pas partie.

* Les rapports des commissaires aux comptes ne sont, e définitive, qu’une opération d’adaptation et de conformité de pièces justificatives avec des chiffres pour établir un équilibre du budget. Ils ne s’intéressent ni à la légalité, ni à l’opportunité des dépenses ou à leur matérialité( contrôle de la réalisation en termes de biens et services), encore moins à l’évaluation et le diagnostic de gestion. Aussi ne peuvent-ils en eux-mêmes constituer des moyens de légitimation de la situation financière des fédérations et ne peuvent servir, dans le meilleur des cas que de références de départ pour une véritable audit ou un contrôle de gestion.

On ne peut pas évoquer l’insuffisance des moyens pour élaborer une bonne organisation comptable par les fédérations sportives. La circulaire du ministère en la matière n’est pas très contraignante et n’exige qu’un minimum à la portée de la plus faible des fédérations en moyens matériels et humains.

LAMALIF

Logo de Youssef BOUKDEIR
lundi 27 décembre 2010 à 23h59, par  Youssef BOUKDEIR

في هذا الحوار المهم ، السيد مدير الرياضات بوزارة الشباب و الرياضة يزيل النقاب عن الإكراهات العديدة التي ما تزال تكبل الرياضة الوطنية : الجامعات الرياضية لا تساير السياسة الوزارية و لم تلتزم أغلبها بعقود الأهداف الموقعة مع الوزارة رغم توصلها بالمنح

ـ عدد الرخص الجامعية إجمالا لا يتجاوز 250.000 رخصة جامعية أي بنسبة 0.8 بالمئة مقارنة مع عدد سكان المغرب ، رقم ضئيل جدا و لا مقارنة مع الدول المتقدمة الذي تصل فيها هذه النسبة إلى 25 في المائة ، و حتى هذا الرقم المعطى 250.000 يجانب الصواب لأن الرخص الجامعية الرياضية تمنح بدون شهادات تأمين كما هو معمول به في الدول المتقدمة ، جميع الرياضيين المتوفرين على رخصة جامعية تمنح لهم في نفس الوقت شهادة تأمين ، و المشكل الثاني الرخص الجامعية لا يتم تجديدها سنويا و لذلك فالرقم المقدم مشكوك فيه و قد لا يتعدى العدد الحقيقي للرياضيين الممارسين المتوفرين على رخصة جامعية 150.000 في المغرب كله ، و هذا الرقم بعيد جدا عن ما أتفق عليه بين الوزارة و الجامعات

ـ نصف الجامعات لم تعقد جمعها العام السنوي و هذا سيؤثر سلبا على السير العادي للجامعات المتأخرة و لن يحترم البرنامج السنوي لأنشطتها ، الجامعات التي قدمت تقاريرها للوزارة لم تؤخذ بعين الاعتبار عقود الأهداف الموقعة و تجاهلت ما التزمت به أمام الوزير ، والتقارير المقدمة يغلب عليها الطابع الأدبي الانتخابي و تتجنب تقديم الوضعية المالية الحقيقية و إلى أي مدى إلتزمت بالأهداف المسطرة في إطار عقود الأهداف ، و بعض الجامعات حسب مدير الرياضات ما زالت تظن أن الالتجاء إلى مكاتب الخبرة المحاسباتية سيعفيها من المحاسبة

مدير الرياضات السيد البوخاري ينهي هذا الحوار المهم في شكل تحذير : على الجامعات الرياضية أن تستوعب أنها أداة لتطبيق سياسة الحكومة في الميدان الرياضي ما دام أن جل هذه الجامعات تأخذ ميزانيتها من الحكومة ، و لن تؤهل إلا الجامعات الرياضية التي تلتزم بتطبيق البرنامج الحكومي في الميدان الرياضي و الذي يتم تدبيره من طرف وزارة الشباب و الرياضة

بخلاصة هذه هي محاور اللقاء الصحفي الذي أنجزته الجريدة المدكورة مع مدير الرياضات بوزارة الشباب و الرياضة

و كشطرنجيين ، نعي جيدا ما أشار إليه مدير الرياضات من تهاون الجامعات من القيام بواجبها ، نعرف جيدا أن التقارير الأدبية ما هي إلا نصوص إنشائية وأن التقارير المالية لا تعكس الواقع بل إنها تخفي سوء التدبير المالي و تبديد أموال الدولة ، نعرف جيدا أن عدد الرخص الجامعية لا يعكس العدد الحقيقي للممارسين ، نحن الشطرنجيين عشنا و لمسنا عن قرب كل ما أشار إليه مدير الرياضات : سوء التسيير الإداري و التقني ، إخفاء الوضعية المالية الحقيقية ، تقديم معطيات مغلوطة للرأي العام ، الهروب من المحاسبة ...كل هذا نحن الشطرنجيين نعيش ويلاته منذ 5 سنوات إلى الأن

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14 août 2007 - Le tournoi des maitres dans la presse Marocaine

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