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Kamal DAOUDI : « Le bourlingueur de Kénitra »

Que sera-t-il en 2015 ?
dimanche 1er mars 2009
par Boujemâ Kariouch
popularité : 1%

JPEG - 61.6 ko Kamal Daoudi est né le jour où j’ai mis, pour la première fois et pour toujours, les pieds à Khémisset.

Il y a 24 ans de cela. C’est l’âge de Kamal aujourd’hui. Presque. A quelques semaine près, puisque le 1 juin prochain, il célèbrera son 24ème anniversaire pile, avec 24 bougies sur le beau gâteau au centre duquel une rose rouge sera entouré de l’habituel et éternel « Bon Anniversaire ! » avec un grand « KAMAL !

De 1985 à 2000, c’est un jeune marocain ordinaire, étudiant tranquille, soucieux déjà de son avenir.

Ce n’est que l’année suivante, en 2001, à 16 ans, qu’il visite, comme ça, en passant, la maison des jeunes de Kénitra, la ville où il est né, et où il réside toujours au sein chaleureux de sa famille.

JPEG - 57.3 ko C’est en cette date, et en ce lieu, qu’il découvre le jeu d’échecs pour la première fois. Et pic et toc. De la curiosité Kamal passe sans transition au coup de foudre pour ce « jeu » pas comme les autres.

Le destin !

Par bonheur, par chance, ne pouvant tomber mieux, il fait la connaissance chaleureuse de Hassan Rabana, président du Club Borg Mehdia de Kénitra, et c’est toujours Hassan Rabana qui lui met le pied sur l’étrier et le lance sur les chemins de montagnes russe des échecs.

Car Kamal ne connaîtra pas le « vertige » des technicités océaniques enfouies dans le noble jeu.

Tellement collé au jeu d’échecs, pour un moindre ou pour un plus, Kamal progresse, progresse et plus il progresse, plus il se fond dans ce jeu, dans ce sport de haute lutte. Avec le caractère particulier qui l’anime : La défaite, il ne l’avale jamais ! Même contre un GM, il ressent toujours une frustration, une déception aiguë.

JPEG - 57.2 ko Mais, oh grand mais, qui suscitent en lui un « nouveau départ » de bien faire. De se remettre en question et, la détermination aidant, les belles petites fleures ressurgissent éclatantes devant lui. Sans qu’il se tresse des lauriers cependant.

Heureux d’avoir trouvé une passion dans la vie, les études passent comme lettre à la poste. Le parallèle Étude-Échecs fut naturellement serein, sans anicroche volontaire et déterminé qu’il est.

En 2009, il est toujours là. A la recherche de ce levier « matériel » avec lequel, pense-t-il, accéder à « plus fort » à « plus haut ». Il ne perd pas espoir, même, si parfois une teinte de découragement le prend sous son étreinte.

Dans une interview qu’il m’avait accordée dernièrement, je l’ai décrit comme étant un « bourlingueur ». C’est à dire comme cet homme, héros d’un documentaire de TV5, qui prend un simple sac à dos et s’en va de part le monde visiter les cultures, les habitudes et les paysages formidables de nombreux pays, entrainant le téléspectateur dans un voyage enchanteur.

JPEG - 56.8 ko C’est dans un sens ce qu’est Kamal Daoudi, qui, lui aussi, prend un simple sac à dos et s’en va à la conquête de ce « plus fort », ce « plus haut » dans des tournois étrangers qui ne sont pas à la porté de tout un chacun.

Le sacrifice de soit n’est pas un vain mot pour ce jeune homme. Les Échecs sont pour lui plus qu’un symbole d’une pratique sportive. Les Échecs sont lui. Et lui, il est le jeu d’échecs dans toute sa noblesse.

A l’instar d’autres joueurs marocains, Kamal veut batailler, veut lutter de toutes ses forces pour « plus fort », pour « plus haut ».

Et il sait qu’il ne possède pas ce marteau pour ce « plus fort » et cette échelle pour monter « plus haut ». Alors, il bourlingue, ici et là, dans les Tournois nationaux, toujours dans les premières places.

Dans les Tournois internationaux au Bahrein, à Gibraltar, à Benidorm en Espagne. Et surtout à Kénitra ou à Casablanca dans la recherche à suspense d’une opportunité qui lui mette le sac au dos et zip pour une autre virée échiquéenne. Toujours, bien sur, pour ce « plus fort » et « plus haut ».

JPEG - 42.9 ko Tant d’énergie non encadrée, non canalisée, fait de Kamal Daoudi, comme tant d’autres comme lui, un symbole de la déconfiture de notre compétence éparpillée au quatre coin du vide sidérale qui caractérise la gestion terre à terre et défaitiste de notre sport.

Alors, je voudrais me projeter en 2015 rien que pour voir ce que sera le Kamal Daoudi de cette année ?

Aura-t-il frappé « plus fort ? », sera-t-il allé « plus haut » ?

Aura-t-il une connexion internet ou autres ?

Aura-t-il d’autres moyens d’entrainement que ces « informateurs » démodés ?

Ou tout simplement ne sera-t-il plus le Kamal Daoudi notre, bourlingueur dac au dos nous faisant découvrir son grand talent de joueur international !

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Note : Les photos de cet article ont été prises à Benidorm, Espagne à l’occasion du 6ème Festival International d’Echecs, décembre 2007 et dans lequel participait Kamal Daoudi.

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