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Le Ministère de tutelle a en décidé... :

Plus aucun fonctionnaire du ministère au sein des bureaux des association sportives.
vendredi 5 février 2010
par Boujemâ Kariouch
popularité : 1%

Un article de presse du quotidien national en langue arabe « Assabah » indique que Monsieur Moncef Belkhayat, ministre de la Jeunesse et des Sports, ne désire plus voir de fonctionnaire de son département dans les bureaux des associations sportives.

Un autre chamboulement déstabilisateur, mais sain, après les fameux contrats d’objectifs, dans les habitudes bien ancrées au sein des sports nationaux qui va aboutir, à n’en pas douter, à mettre les pendules à l’heure dans bien des bureaux directeurs des associations sportives de notre pays.

Au niveau des échecs, cela va poser un problème douloureux pour certains.

Des rumeurs, tout le long de l’année 2009, affirmaient l’intention à l’ex-président démissionnaire, M.Mustapha Amazal, de se porter à nouveau candidat à la tête de la Fédération Royale Marocaine des Échecs en dépit des trois années de suspensions que lui avait infligé la Fédération Internationale des Échecs (FIDE), le 29 juillet 2007, pour falsifications d’imprimés de normes d’arbitre international. (Cette sanction ne prendra fin qu’en fin juillet 2010.)

Vraie ou fausse, cette rumeur n’a plus lieu d’être après la décision du ministère de tutelle.

Plus encore, et toujours en ce qui concerne l’ex-président démissionnaire M.Mustapha Amazal, un coup dure lui est porté par M.Moncef Belkhayat : Sa fonction de président du club Raja, section Échecs de Casablanca se voit remise en cause par cette décision.

L’on sait que M.Mustapha Amazal est fonctionnaire du ministère de la Jeunesse et des Sports, il est donc tenu de se plier aux décisions de son ministre sous peine de quitter ce département.

Ainsi, ce que n’a pu réaliser totalement « l’opposition » à M.Amazal, depuis ces dernières années, c’est-à-dire de l’éloigner définitivement de la gestion des échecs en raison des scandales qui ont émaillés celle-ci, le ministère de tutelle, sans tambour ni trompette, met M.Amazal dans une situation peu enviable qui le limite à jouer aux échecs, sans qu’il puisse s’impliquer officiellement dans sa gestion.

C’est dure pour cet homme. Lui, pour qui les échecs constitue une passion telle qui va le mener dans une problématique fédérale des plus complexes et sans précédent dans l’histoire de ce sport au Maroc.

A coup ses partisans vont grincer des dents et ses « opposants », eux, vont jubiler. Ce qu’ils n’ont pu réaliser, c’est paradoxalement le ministère de tutelle qui concrétise leurs vœux de voir M.Amazal s’éloigner de la gestion des échecs. Un ministère que ces « opposants » avaient tant décrié en raison, selon eux, de sa prise de position en faveur de son fonctionnaire lors de certaines assemblées générales avortées…

Que restera-t-il à M.Amazal ? Bien sur, comme nous l’avons dit, il lui restera la qualité de « joueur », il pourra sans doute aspirer, si le cœur lui en dit, et à titre de consolation, à la qualité "d’arbitre..." ou "d’entraineur". Peut-être "d’organisateur..." Mais certainement plus de la qualité de "gestionnaire de la chose échiquéenne.

Mais en aura-t-il le temps, ce fameux « temps » qui a joué en faveur de ses « opposants » ?

Le ministre de la jeunesse et des sports, non seulement ne veut plus de ses fonctionnaires oeuvrent dans les bureaux des associations, mais il veut les mobiliser en permanence pour la concrétisation de sa politique qu’il a mis en place tout juste après son installation à la tête du ministère de la jeunesse et des sports.

Le Raja de Casablanca, section Échecs orphelin de son président ?

Par la force des choses, oui.

En vérité, c’est à ce niveau que M.Amazal va en pâtir le plus.

Lui, le fondateur de cette section. Lui, l’homme orchestre du club. Le club qui lui est resté fidèle, car géré comme un bien particulier dans le soucis de son rayonnement tout azimut.

Combien seront-ils dans le cas de M.Amazal au niveau national ?

Sans doute de très nombreux cadres du ministère de la Jeunesse et des Sports, contraint, maintenant, à quitter, à démissionner, de leur poste de responsabilité au sein des associations sportives marocaines.

En tout cas, une époque est révolue !




ARTICLE DU QUOTIDIEN « ASSABAH » DU 4/2/2010 :

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Commentaires

Logo de Youssef BOUKDEIR
samedi 6 février 2010 à 09h09, par  Youssef BOUKDEIR

Mr Lameti suscite deux remarques essentielles : 1- Les raisons de ce silence des concernés par la crise fédérale : est ce le silence qui précède la tempête ? Est ce juste une pause pour donner le temps aux pourparlers secrets et suspects ? Mais il ne faut pas oublier qu’en ce même moment, une bataille juridique se livre au niveau du tribunal de première instance de Casablanca, bataille menée par sept clubs nationaux contre l’actuel bureau fédéral, action judiciaire mettant en cause la légalité de ce bureau issu des élections de cette fameuse et controversée assemblée du 10 Mai 2009. 2- Concernant la décision du ministre d’interdire aux fonctionnaires de son département de présider ou d’adhérer aux comités dirigeants des clubs, notre fédération a en effet beaucoup souffert de ce que Mr Lameti appelle délit de trafic d’influence, le chaos actuel de notre fédération est la conséquence directe de l’abus du pouvoir exercé par l’ex président, fonctionnaire du MJS.

Logo de LAMALI, LAMETI Mohamed
samedi 6 février 2010 à 00h02, par  LAMALI, LAMETI Mohamed

Salut

Beaucoup d’observateurs de la scène échiquéenne se sont retranchés derrière le sillence ces derniers temps,et chacun d’eux a certainement ses raisons.

La "décision" du ministre rapportée par quelques organes de presse mérite,cependant, quelques commentaires :

- Il serait bien plus intéressant de mettre à la disposition de notre communauté des échecs un article publié par un autre quotidien le même jour que "Assabah", je pense que c’est "Al ahdath". Ce dernier (si c’est bien lui) donne des précisions accablantes pour certains fonctionnaire dirigeants.Il ne semble pas que ce soit les besoins du ministère qui soient à l’origine de cette décision, mais plutôt le trafic d’influence exercé par certains de ces fonctionnaires. L’article en question cite même un dirigeant coupable dans une discipline précise mais sans le nommer. Un fonctionnaire qui utiliserait , d’une manière privilégiée, les moyens et la logistique du ministère en faveur de son association commet un délit de trafic d’influence, puni sévèrement par la loi comme le délit de corruption.

- La "décision" du ministre n’est pas encore effective,et il semble qu’elle a déjà soulevé une levée de boucliers comme le rapporte la presse. Beaucoup de fonctionnaires s’y opposent et certains la considèrent comme les privant d’un droit garanti par la constitution. Le débat est ouvert.

- Le ministère dispose, comme autorité de tutelle, d’un pouvoir légal et indiscutable, celui que lui assurent l’inspection, le contrôle et l’audit. Les délits de trafic d’influence pour des mandats passés peuvent être sanctionnés dans le strict respect des dispositions légales,notamment par un recours aux instances judiciaires compétente , à commencer par le cas qui serait invoqué par le ministre. C’est le meilleur moyen de protéger les clubs et les associations des abus de certains fonctionnaires dirigeants.

- Si le ministère opte pour une solution radicale, celle de l’interdiction ou de la démission du ministère,il devra assurer à ce choix une couverture juridique légitime qui ne soufre d’aucun recours éventuel pour excès de pouvoir. En attendant qu’un tel dispositif légal soit mis en place le contrôle de tutelle peut toujours servir de moyen de sanction

Au delà des joutes que peut susciter l’intervention du ministre à Kénitra, il demeure un fait indéniable, le délit de trafic d’influence est un mal qui ronge le sport marocain ( dont les échecs). Il faut le dénoncer, et le combattre par le recours à la justice.

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