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Une journée particulière à Chefchaouen (1)

samedi 6 septembre 2014
par Lameti Mohamed Lamalif
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Après avoir dévoré mon petit déjeuner avec un appétit stimulé par un sommeil d’aplomb, je sortis de l’hôtel. Dehors il faisait un temps splendide ; le ciel était complètement dégagé, coupé à l’horizon par les pics de la montagne. Une brise douce caressait les feuilles des arbres qui poussaient un gémissement sourd entrecoupé par des murmures et un sifflement léger. Une bouffée d’air frais me remplit les poumons et je m’arrêtai pour faire plusieurs aspirations profondes. Une vague de bien-être envahit tout mon corps que je sentis sombrer dans un délassement total.

Pour aller à « Ras Almaa », il fallait emprunter une longue descente avant de longer et dépasser les murailles de la citée. « La tête de la source » méritait bien son nom. Vu de haut le site offrait un beau spectacle où l’eau s’entremêlait avec une constellation de végétaux et descendait indéfiniment pour affluer vers un cours d’eau lointain, invisible. A gauche au beau milieu de la colline, un café niché dans un entrelacement de végétation se prolongeait par une terrasse couverte par des parasols. En bas une grande crevasse creusée dans les rochers offrait une petite piscine naturelle où des gamins se baignaient en poussant des cris de joie. Même de loin on pouvait apercevoir l’eau claire et limpide qui déferlait et formait une écume blanchâtre en s’écrasant sur les petits rochers en bordure de l’excavation rocheuse. Elle tombait ensuite en chutes et se transformait en un cours d’eau dont le lit s’élargissait à l’aval. L’eau disparaissait sous la végétation touffue pour resurgir plus loin avant de s’enfoncer à nouveau sous un enchevêtrement de ronces, de lauriers et de figuiers. Plus à gauche, à quelques mètres une large ouverture béante de quelques centimètres de hauteur, laissait échapper un puissant jet d’eau qui tombait dans un grand fracas avant de couler dans un canal construit pour le drainer en bas. Sur une large plateforme qui dominait les sources, deux longs toits en deux pans, identiques, se faisaient face, soutenus chacun par six piliers. Ils servaient d’abris pour le lavage de linge ou de laine. L’eau était déviée de telle manière qu’une partie est dirigée vers les lavoirs puis évacuée vers le lit après usage ; alors que l’autre est déversée vers le canal.

Le petit cours d’eau aménagé filait en parallèle au lit façonné par l’eau provenant du bassin naturel, puis des lavoirs. A droite du canal une allée suffisait pour le passage de deux personnes, bordée par un versant où deux chutes d’eau descendaient en parallèle. En tombant sur les rochers, l’eau éclatait en gouttelettes fines et minuscules qui rebondissaient et arrosaient les passants. Elles se regroupaient en glissant et donnaient naissance en bas à un petit ruisseau qui se confondait avec le canal. A l’ombre des grandes parois la fraicheur était accentuée par la présence envahissante de l’eau de source froide et abondante. On ne pouvait pas résister à l’envie de savourer pendant de longs moments le charme de cette ambiance envoûtante. L’opportunité n’allait pas tarder à se présenter lorsqu’un café apparut à un tournant de l’allée. Je restais longtemps à siroter du thé dans un grand verre en écoutant le clapotis des eaux qui m’entouraient et le déferlement rageur des chutes plus lointain ; une symphonie que vint raccorder le chant d’un couple de fauvettes qui se sont juchées sur la cime d’un figuier. Un bourdonnement soudain et ininterrompu me fit sortir de ma rêverie. Des abeilles tournoyaient autour de la table alors que d’autres investissaient le verre et s’agglutinaient sur les feuilles de menthe pour sucer le thé. Je leur abandonnai avec plaisir le verre à moitié plein et quittai l’endroit.

Sur le chemin du retour je fus surpris de ne manifester aucun signe de fatigue en remontant le chemin en pente. C’est seulement au milieu de la rue Moulay Ali Ben Rachid que la marche devint plus pénible. Je décidai de défier la pente raide, presque verticale, sans pause, jusqu’au sommet, pour ensuite rejoindre l’hôtel d’un pas rapide, le corps léger et soulagé.



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