De retour du championnat du Maroc des jeunes, qui s’est déroulé à Settat du 2 au 6 de ce mois, Marwan Filali Razzouki a bien voulu m’accorder un entretien. Marwan vient de remporter pour la seconde fois le championnat du Maroc des moins de 12 ans.
Né le 13 janvier 1993 à Bouarfa, une ville située eu sud d’Oujda, Mawan suit études en 6ème.
Son père, Saïd Filali, est un vieux de la vieille, je l’ai rencontré pour la première fois en 1980, alors que notre équipe (l’Association des Amateurs d’Echecs d’Oujda) était allée à Fès pour y disputer un match du championnat par équipe contre le club local, le Club fassi des échecs connu aujourd’hui sous le nom du Club du Maghreb Fassi section échecs.
C’est Saïd qui a appris à ses deux fils (en plus de Marwan il y a Otman, l’aîné) à jouer aux échecs. L’année dernière, je lui avais appris que le championnat des jeunes allait se dérouler à Meknes et que c’était une occasion intéressante pour ses enfants d’aller y participer, il me répondit qu’il avait de la famille à Meknes et qu’il allait certainement emmener ses deux enfants y participer.
Peu après, la fédération marocaine a déplacé le championnat à Fès, ce qui devenait encore plus intéressant pour Saïd puisque ses parents y habitent.
Alors qu’ils sont allés à Fès pour acquérir de l’expérience, voilà qu’un des enfants de Saïd, Marwan réalise un sans faute et remporte le championnat des moins de 12 ans à la grande surprise du père et de nous tous, membre du club d’Oujda...A Settat, cette année, il va tenter de conserver le titre des moins de 12 ans, mais il perd d’entrée à la première ronde. Il est souffrant (maux de dents), et ne voit pas un coup intermédiaire qui lui fait perdre la dame.
Il réussit à dépasser ce handicap ( la perte de la première partie) et avec l’aide indirecte du jeune Saad Rian, qui remporte une partie contre son principal concurrent pour le titre, il réussit à occuper la première place.
Quand on demande à Marwan comment s’est déroulé le championnat 2005, il répond très bien, et ajoute que cette année il a trouvé le niveau plus élevé que l’année passée. A cela son père à une explication : le fait de jouer pour conserver le titre a pesé sur la psychologie du jeune champion.
Il trouve aussi que l’ambiance était meilleure que l’année dernière, à cela aussi son père a u-ne explication : l’année dernière il dormait chez son grand père mais cette année il faisait ça à l’internat où résidaient les participants...
A tous ceux qui lui parlaient de la défense sicilienne, ou encore de la partie espagnole, Marwan leur disait que la seule ouverture qu’il connaissait, c’était la « Filalia ».
Personnellement, je ne connais pas cette ouverture ! Pour les enfants de Saïd, il s’agit de tout ce que leur père leur a appris, à savoir comment développer les pièces, quand roquer, comment éviter de ne pas jouer avec la même pièce plusieurs fois avant d’avoir développé les autres pièces etc....
Ces deux jeunes joueurs sont en fait des produits maison. A Oujda, qui fut pendant des années une vraie pépinière, il y a deux clubs qui ont élu domicile dans des cafés. Pas l’ombre d’un jeune n’est visible dans ces clubs et beaucoup se remémorent ces années où de nombreux tournois destinés aux jeunes étaient organisés dans cette ville.
Les jeunes Filali ont réussi avec leurs propres moyens et grâce aux sacrifices consentis par leurs parents à redorer le blason des échecs dans tout l’Oriental.
Je dis merci à Marwan à son frère Otman.
A Saïd, leur père je souhaite beaucoup de courage.





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