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La chronique du fou cloueur

22. Une possibilité à envisager

Publié le lundi 16 avril 2007.


La loi relative à l’éducation physique et aux sports stipule dans son article 22, section 4. des Fédérations, chapitre II concernant l’organisation du sport amateur :

« L’habilitation peut être retirée à la fédération en cas de non respect des règles de fonctionnement fixées par ses statuts ou de violation de la législation ou règlementation qui lui sont applicables.

En cas de violation grave par la fédération de ses statuts ou de la législation et règlementation qui lui sont applicables ou lorsque le fonctionnement ou les activités de la fédération sont préjudiciables à la discipline sportive concernée, l’administration peut dissoudre l’organe directeur fédéral et prendre toutes mesures utiles dans l’intérêt de la discipline sportive concernée et notamment désigner un comité provisoire ayant pour mission d’assurer la gestion de la fédération jusqu’à la réunion de l’assemblée générale dont le comité provisoire fixe la date dans le délais maximum d’un an qui court à compter de la date de dissolution de l’organe directeur de la fédération concernée. »

Cet article a déjà été appliqué aux fédérations Royales Marocaines de football, d’athlétisme et de cyclisme. L’athlétisme vient de sortir du provisoire en élisant dernièrement Abdeslam Ahizoun, président de Maroc Télécom à sa tête. Au-delà des enjeux très particuliers qui ont fait que ces fédérations se sont installées dans le provisoire, les raisons qui ont incité le département de tutelle à la dissolution des bureaux directeurs de ces associations nationales sportives et la mise en place de comités provisoires sont autrement moins « graves » ce que celles qui s’affichent aujourd’hui au sein de la Fédération Royale Marocaine des Echecs.

Se peut-il que cette procédure soit appliquée à la FRME ? C’est une possibilité à envisager dans la mesure ou la déliquescence de la Fédération est arrivée à un haut sommet. Inutile de rappeler les falsifications, l’utilisation douteuse des deniers publiques et des finances fédérales, l’illégalité du bureau fédéral, les suspensions abusives –c’est le terme réel-, la non tenue de l’AGO sans justification sérieuse (il n’y a aucune raison légale de lier les AG des ligues avec celle de la FRME), le refus « révélateur » de remettre des documents à qui de droit et la manipulation de la situation administrative des clubs pour usage délibéré et arbitraire contre d’autres clubs à des fins personnelles, « les attaques et les mensonges » contre les ligues entre autres. A la différence d’une commission chargée par l’assemblée générale de contrôler les comptes et la gestion de la FRME et de convoquer une AGE pour rendre son rapport, de présenter des recommandations et de provoquer l’élection d’un nouveau bureau fédéral, un comité provisoire chargé de la gestion des affaires de la FMRE aura le temps de remettre « le bateau à flot » selon des normes saines, sachant que « tout est pourri » au sein de la FRME. Ainsi le nouveau président et son bureau qui seront élus au terme du mandat de la commission provisoire pourront se concentrer sur le travail organisationnel et structurel proprement dit, sans s’éparpiller dans un assainissement intérieur gigantesque. Car, il ne fait pas de doute que, outre les « affaires » dévoilées par Maroc Echecs, « d’autres scandales » cachés seront mis en plein jour. Nos surprises ne s’arrêteront pas là…

Les tâches essentielles qui seront dévolues à ce comité provisoire devront se baser sur les points suivants :

 Initier un audit sur la gestion financière fédérale qui sera rendu publique. Cela s’avère primordial pour remédier aux causes et aux procédures qui ont permis au président fédéral de gérer les finances de manière illégale et unilatérale ;


 De mobiliser la famille échiquéenne nationale actuellement en « hibernation officielle », en réactivant les principales compétitions nationales pour le reste de la saison sportive 2006/2007 ;

 De préparer un projet de refonte des statuts de la FRME sur la base des résultats de l’audit et de l’expérience vécue par notre sport sous la calamiteuse présidence d’Amazzal, notamment de redonner le pouvoir de décision (aval et contrôle au premier degré des activités de la FRME) au Conseil Fédéral qui par la grâce de l’actuel président est devenu un organe vide de sens et dont les « conseils » ne sont aucunement pris en considération par les responsables fédéraux ;

 De mettre en place une Direction Technique Nationale avec, le cas échéant, des DT Régionales au niveau des ligues, chargée de préparer un projet de restructuration technique de notre sport et de proposer des noms de cadres avec lesquels notre sport peut envisager une réelle évolution ;

 D’autres tâches peuvent être confié à ce comité provisoire salvateur d’autant plus que tout reste à reconstruire au sein de notre discipline.

Le mandat de ce comité provisoire pourrait se clôturer vers octobre/novembre 2007. Sa composition nécessitera au côté d’un représentant de l’autorité de tutelle, la présence de personnes intègres poussées par la volonté sincère et sans état d’âme, d’assainir la FRME, afin de redonner de la crédibilité à notre sport.

Il faut que l’opinion publique sache que la famille nationale échiquéenne a pris le taureau par les cornes pour nettoyer la FRME au moyen d’un comité provisoire.
L’élection d’un nouveau président fédéral directement à la suite de l’actuel président, sans transition ou sans parenthèse purificatrice, pourrait laisser une mauvaise impression et une crainte de retomber dans les problèmes que nous subissons actuellement depuis l’élection d’Amazzal.

Enfin il faut également savoir qu’il sera nécessaire que la nouvelle fédération qui prendra en charge nos espoirs et nos aspirations, au terme du travail qu’accomplira le comité provisoire, devra naturellement, le cas échéant, sur la base de l’audit (ô combien vital), ester en justice contre ce qui s’avérera illégal dans la gestion d’Amazzal. C’est un passage obligé sur lequel l’opinion et les pouvoirs publics jugeront notre crédibilité et notre capacité intellectuelle à refuser de tourner la page le plus simplement du monde.

Terminons par cette citation de Bossuet :

« Le plus grand dérèglement de l’esprit c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. »

Boujemâ Kariouch


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