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Alouane Fannia, Les septs clés d’une réussite...

Publié le mercredi 2 mai 2007.


Le présent article que je voudrais faire partager avec mes amis, et en particulier Boujemâ Karyouch, est une reproduction d’une intervention que j’ai publiée, le 14 mai 2005 à Maroc -Echecs, dans le cadre des débats symphatiques introduits par le dossier du mois : "Sondage sur leMeilleur Club du Maroc". J’ai gardé l’intégralité de mes propos qui sont tout naturellement sincères, mais avec certaine dose de subjectivité ! Bonne lecture ! et merci pour votre indulgence

Bonjour Abdelaziz,

Ton article passionné et bien documenté sur l’Ittihad Riadi de Casablanca, m’a décidément donné des idées... Ce fameux sondage constitue vraiment un alibi pour parler de nos clubs respectifs. On a le droit d’être subjectifs, voire nostalgiques, lorsqu’on parle de l’histoire, des souvenirs, des anecdotes et des beaux moments partagés. Sur ce point là, tous les mega octets attribués à votre site n’auraient pas suffi pour défouler ma mémoire !

C’est pourquoi j’ai choisi de faire un exercice analytique afin de dévoiler les secrets de la réussite d’une association que rien ne prédestinait à un tel succès, et qui allait aussitôt après sa création, à notre surprise aussi, marquer de son empreinte une assez longue période des échecs marocains (notamment de 1978 à 1990).Je vais essayer, un peu à l’improviste, de détecter les clés de cet itinéraire qui continue depuis 28 ans, espérant qu’elles constitueront une matière à méditation et discussion.

1- Une génération d’amateurs à l’esprit purement associatif

Fondé en 1977 par un groupe de jeunes amateurs ayant entre 18 et 28 ans, dont la majorité constituée d’étudiants, le Club Alouan Fannia, demeure toujours marqué par cet esprit associatif basé sur le bénévolat et le volontariat et une certaine indépendance vis à vis des pouvoirs.

2- Des joueurs/dirigeants...

A l’inverse de la majorité des clubs du Royaume, la distinction nexistait pas entre qualité de joueur ou dirigeant ; parfois cette différence s’estompe même entre membre du bureau du club et simple adhérent ; les réunions ordinaires sont souvent ouvertes à tous les membres sans distinction.

3-Esprit d’équipe, solidarité et fidélité à toutes épreuves

Malgré certains exploits individuels, l’esprit d’équipe a toujours prédominé ; Il n’y avais quasiment pas de hiérarchie au sein du club ; nullement des disputes pour l’ordre des échiquiers, entre les nombreux joueurs qui ont fait le palmarès de l’association ; il n’y avait pas de vicissitudes ou de sensibilités de personnes. Devant les échiquiers tout le monde se sent solidaire. Cette solidarité allait à l’extrême : une fidélité à toutes épreuves ; très rares sont les joueurs d’Alouan qui ont changé leur club d’adoption, malgré l’éloignement géographique ; je pense que c’est un fait unique au niveau des clubs du Maroc, sans jugement de valeur.

4-Des règles d’éthique observées scrupuleusement par les joueurs

L’équipe d’Alouan Fannia - selon ma mémoire- n’est jamais entrée dans les combines et les machinations qui sont devenues monnaie courante de nos jours ; Attitude toujours correcte et sportive devant l’échiquier. Pas d’arrangements qui puissent nuire à un tiers, pas de "tinbars" entre joueurs. Je peux apporter ici des dizaines d’exemples et de témoignages ; cet article serait long et excessif...

5-Efforts inlassables d’encadrement auprès des jeunes

Alouane Fannia a entrepris un travail d’encadrement et de vulgarisation des échecs dans les écoles et les collèges de la ville, notamment dans les années ou y’avait peu de compétitions destinées aux jeunes sur le plan national. Des tournois, scolaires, des opens locaux prolifèrent alors dans la ville, polarisant des centaines de joueurs et rendant les échecs plus populaires que le football, sans exagération aucune. Ce travail a manqué de souffle et de continuité à cause de l’absence de structures universitaires et professionnelles à Chefchaoun et vu l’abandon, le vieillissement et les nouvelles préoccupations de la génération de fondateurs et des joueurs dont certains constituent encore l’ossature de l’équipe. La relève n’est pas toujours facile à gérer...

6- Rigueur technique dans l’organisation des tournois

A part la réussite de nombreuses compétitions nationales organisées à Chefchaouen, dont notamment le 15° championnat individuel (mars 1984) et trois tournois nationaux opens (coupes de la ville , 1983, 1984, 1994, Tournoi maghrébin 1991, coupe du trône 2000) Les différents tournois locaux furent toujours l’exemple de rigueur et de ponctualité, malgré la carence de moyens financiers et l’absence de prix en espèces . Ce qui a contribué a forger une image de marque positive du club au sein de la ville et au niveau national, et octroyer une place de choix pour les échecs en tant que discipline sportive sérieuse.

7-Une approche analytique"particulière" des échecs

Les joueurs de compétition d’AAF ont toujours privilégié l’étude des finales, l’analyse stratégique des parties au détriment de l’étude des ouvertures et la "variantomanie" comme ce fut la mode par ailleurs. Pratiquement tous les joueurs constituant l’ossature de l’équipe étaient de bons finalistes (Je cite comme exemples : Hadri, K.Rian, Hmamou, Attat et autres). Certes, on n’était pas à l’abri de surprises dans les ouvertures, mais une fois la bataille du milieu et des finales entamée, on gagne de l’assurance quant au résultat global de l’équipe.

Comme je l’ai signalé dans ma première intervention, on est devant deux expériences et sensibilités totalement différentes. Le vote pour le meilleur club du Royaume depuis la création de la FRME, revêt un cractère purement symbolique. Personnellement et objectivement je m’abstiens de voter, Je souhaite, tout simplement, avoir réussi à approcher un "ancien" club de la nouvelle et prometteuse génération de joueurs marocains. Bon courage à tous.

Epilogue : ce texte reproduit et "circonstancié" constituera le prélude à une série d’articles que je j’aimerais bien achever et bientôt publier à travers Maroc -Echecs, évoquant, avec certains détails historiques, techniques et anecdotiques, l’itinéraire trentenaire de notre Club Alouane Fannia. J’espère que d’autres plumes nous feront revivre l’histoire et la mémoire des échecs marocains ; et souhaitons, surtout, une initiative institutionnelle ou bénévole permettra l’édition de l’oeuvre monumentale rassemblée et rédigée par Monsieur Mohamed Houssein Bahaoui...


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