Hicham HAMDOUCHI, Champion d’Afrique ... et de Bordeaux !
Hicham Hamdouchi, le Champion d’Afrique et fort GMI, était il y a 1 mois le finaliste avec Karpov du Grand Prix d’Echecs de Bordeaux. Il nous livre ses impressions sur son sensasionnel parcours...
Le Palamede : Hicham Hamdouchi, vous avez excellé au Grand Prix d’Echecs de Bordeaux, quel est votre secret ?
Hicham Hamdouchi : Je pense que le plus important dans un tournoi a élimination directe, qui plus est, en cadence rapide, c’est d’être vraiment en forme et inspiré au moment des parties.
Malheureusement, pour la plupart des joueurs d’echecs, on ne se rend compte de l’etat de notre forme... qu’après la partie !
Je ne m’étais pas specialement preparé contre tel ou tel joueur. Je prenais les matchs l’un après l’autre sans du tout penser au prochain tour.
Il se trouve que j’étais en forme sur tous les matchs que j’ai disputés a bordeaux,et dans ce sens je peux dire que j’ai fait "une bonne rencontre" !
Le Palamede : Les parties rapides ne semblent pas nuire à la force de vos idées ?
H H. : C’est une question directement liée a la premiere. Quand la forme est là et que vous êtes bien concentré pendant une partie, les idées, les bonnes idées, vous viennent assez rapidement.
En revanche, quand on est en "petite forme", tout se passe très mal. On est hésitant, on réfléchit trop, et souvent , on joue des mauvais coups. C’est un peu le cas de Laurent Fressinet à Bordeaux , qui n’a malheureusement (ou heureusement pour moi !) pas pu exprimer l’étendue de son talent.
Tout joueur d’échecs a vécu les 2 situations, et expliquer le pourquoi de l’une ou l’autre situation reste un grand mystère pour moi.
Le Palamede : Dans le blitz « mort subite » vous opposant à Karpov en finale, avez-vous hésité à choisir les blancs ?
H H. : Je n’ai pas hésité un seul instant ! A ce moment du match, les 4 parties jouées avaient été gagnées avec les blancs. Et je pensais vraiment pouvoir gagner. D’ailleurs, objectivement, la position était gagnante pour les blancs apres le 15ème coup, mais ce n’est qu’un détail !
Je voulais gagner ce match et j’ai donc choisi de prendre les blancs. Avant tout,je suis joueur !
Le Palamede : Aviez-vous déjà joué contre Karpov, qu’est-ce qui est le plus difficile contre lui ?
Je pense qu’après ce match, nous avons disputé 9 parties en tout, et toutes en cadence rapide.
Le plus dur pour moi, c’est le changement de rythme qu’il peut imposer pendant la partie. Souvent, il était mal au temps, et après un coup d’accélérateur, je ne pouvais plus le suivre ! Il a cette capacité de jouer très vite et bien à n’importe quel moment de la partie.
Le Palamede : Quels souvenirs gardez-vous du Grand Prix de Bordeaux ?
H H. : Mon souvenir du Grand prix de Bordeaux restera sans doute cette finale contre Karpov. C’est un grand moment sportif pour moi, que de pouvoir affronter un tél champion dans une finale. Karpov est une légende vivante, et c ’est toujours un plaisir de pouvoir jouer contre lui.
Un petit mot aussi pour le public qui était présent en grand nombre pour les matchs importants, et un grand merci a tous les organisateurs qui ont pu nous offrir un cadre de jeu exceptionnel.

