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La chronique du fou cloueur N°28

28. De merveilleux joueurs

Publié le dimanche 22 juillet 2007.


L’Open de la 6ème Coupe de la Ville de Chefchaouen qui s’est déroulé du 16 au 19 juillet 2007, au-delà du très grand succès qui l’a couvert, nous a démontré que le Maroc possède toujours de merveilleux joueurs. Des joueurs de qualité mais aussi de caractère. Avec en plus la bonne éducation et la modestie qui caractérise tout joueur de ce nom.

Je veux parler principalement de Ali Sebbar qui représente une nouvelle génération de jeunes joueurs marocains de qualité qui reflète l’espoir. Un espoir qu’avec cette trempe de garçon le Maroc des Echecs peut et doit faire mieux. Ali Sebbar, Mokhliss Adnani, Kamal Douadi, Rachid Hifad, Chafik Idrissi, Adel Choukri, Adnane Zelmat, Khalil Nafri, pour ne citer que ceux-là qui se sont placés dans les hauteurs de cette non moins merveilleuse Coupe de Chafchaouen, quel potentiel formidable rejaillit de leur jeu. Ces joueurs qui se morfondent dans une situation de non évolution, alors que leurs camarades à l’étranger progressent sans cesse dans un environnement propice à leur noble ambition.

Je considère comme un gros gâchis que de ne pas permettre à ces talentueux joueurs d’avoir la possibilité de participer plus souvent aux compétitions internationales sans lesquelles ils ne pourront prétendre aux titres dont a besoin notre pays.

Si vous prenez le Ali Sebbar du 16 au 19 juillet et le mettez dans un tournoi en France, en Espagne, en Allemagne ou en Suisse, que pensez vous qu’il fera ? Eh bien il remportera sans aucun doute le tournoi et une norme de MI à la clé. C’est discutable. Mais de par le parcours Chefchaouni l’espoir est permis. Et ça c’est déjà un pas concret vers le "solide".

Quel avenir dans leur situation actuelle pour Mokhliss El Adnani, Ali Sebbar, Hifad Rachid ou Khalil Nafri et tous leurs camarades de leur niveau ? Pour ma part, et excusez moi l’expression, je ne vois à leur horizon que des prunes ou des cacahuètes pour eux… Qui me contredira ? Personne, parce que c’est la réalité désolante.

Des preuves ? En voilà :

Vous connaissez Abdelaziz Felloussi, Samir Benaino, Rédouane Oulad Sidi Abdeslam, Abdelaziz Mounib, Lotfi Attoubi ? (il y en d’autres dans la même situation). Eh bien dans leur jeunesse ou dans les années 1980-90, ils étaient potentiellement aptes à prétendre à un titre au minimum de Maître International. Ils bossaient dur les gars et ils faisaient peur aux autres joueurs. Ils n’y sont pas arrivés à ce titre minium. Pourquoi ? Aucune possibilité sérieuse ne leur a été offerte pour poursuivre leur ascension. Demandez-le leur ! Aujourd’hui, ils figurent comme de simples joueurs. Pas facile à jouer, mais modestes joueurs quand même de par l’irrégularité et la stagnation de leurs résultats. De redoutables casseurs de briques ou de pièces si vous voulez, ils sont là devenus comme des figurants…avec une ambition plus qu’émoussée.

Alors qu’à côté de nous, les voisins Algériens avec tous leurs problèmes n’arrêtent pas de pondre chaque année des MI, sans parler des Tunisiens ou autres Egyptiens.

Est-ce le sort réservé à Ali Sebbar et compagnie ? Cela y ressemble !

Merveilleux joueurs qui donnent l’exemple à suivre aux jeunes loups admiratifs et envieux. Merveilleux joueurs dont le tunnel reste bouché. Et merveilleux joueurs qui suscitent un gros pincement au cœur pour toute conscience rationnelle.

"C’est la Fédération qui doit… ", "C’est la Fédération qui devrait…" etc… C’est la rengaine habituelle dans laquelle je ne m’engouffrerais pas. Je fais simplement un constat. Pour une prise de conscience sur cette situation qui handicappe notre sport depuis des lustres.

Bon ben, je vous laisse méditer sur le sujet, moi, je retourne à finir mon travail. Salut !


Boujemâ Kariouch


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