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Place au travail et à la réconciliation générale pour l’intérêt de tous

Abdelaziz Onkoud en questions ! (II)

Nous ne serons tous que gagnants
Publié le jeudi 18 septembre 2008. Enregistrer au format PDF


Nous poursuivons cette article par la 2ème partie de l’interview d’Abdelaziz Onkoud.

Il ne s’agit pas, ici, de présenter la carrière ou le riche palmarès d’Abdelaziz Onkoud, que ce soit en tant que joueur ou problémiste, dans un jeu de questions/réponses ordinaire. Non ! De nombreux supports dans la toile, parmi lesquels Maroc Echecs, s’en sont déjà chargé.

C’est plutôt un décryptage sur les soubassements du mouvement contestataire anti-amazal auquel Abdelaziz Onkoud a pris part. Il nous livre ses impressions, ses idées en toute franchise. Sans tabous !

QUESTION : Ne penses-tu pas que la dispersion des positions des acteurs de la scène nationale échiquéenne (joueurs, cadres, clubs et ligues) a une part dans cet état de fait ? On constate qu’une grande majorité, par exemple de clubs gardent un silence que l’on pourrait qualifier d’improductif dans le rétablissement ou le redressement de notre disciplne.

D’abord parlons des principaux acteurs de la vie échiquéenne Marocaine. Les joueurs se partagent en deux catégories, des joueurs qui suivent leurs propres intérêts et se désintéressent du reste. On les a bien vu, Ils sont prêts même à signer n’importe quels documents pourvu que cela rapporte quelque chose .

Et des joueurs qui ont boudé la FRME. L’équipe Marocaine a ainsi perdu ses principaux piliers, d’où l’effondrement de ses résultats. Cela ne veut pas dire que les joueurs sont divisés. Non, tout simplement, qu’il y aura toujours des volontaires à l’appel même si cela affaiblit l’équipe nationale.

On peut observer la même chose chez les cadres, ils ont déserté la scène nationale comme l’a si bien dit Moubarak RIAN dans une récente intervention : « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». On est mal gouvernés !

Tandis que les clubs et les ligues, ils sont très faibles et ne remplissent aucun rôle.

Tiens, parlons des clubs. Comment voulez-vous que des personnes qui courent derrière des postes fédéraux alors qu’ils n’ont rien fait au niveau de leur club respectif ( ??) et n’ont réalisé aucun apport à leurs ligues ? Lorsqu’on veut s’occuper de la destinée de la fédération, il faut avoir une longue expérience et avoir fait ses preuves sur le terrain. Hélas ! tout le monde veut commencer par le haut !

Pour le silence des clubs, c’était tout à fait normal. Lorsqu’on rentre dans un cimetière, on a la même impression de silence. Les clubs, il en existe très peu au Maroc.

Pour moi les conditions nécessaires pour qu’un club soit appelé comme tel, il y a : l’existence d’un local, la formation d’un bureau reconnu (et non fantôme), des activités hebdomadaires, un tournoi interne de rentrée et de fin de saison, une participation au programme de la fédération, une base de jeunes, l’organisation d’un tournoi régional (national souhaité), une intervention dans les écoles, un capital en jeux d’échecs, des pendules et des tableaux muraux, etc.

Le chantier d’un club est déjà immense. Alors, je ne comprends pas pourquoi on court derrière un poste fédéral ? C’est incompréhensible.

QUESTION : D’après toi, le problème originel des Echecs marocains se situerait à la base de son organisation. Cette base à laquelle aucun président fédéral n’a osé toucher ? Penses-tu que c’est une situation qui engendre des présidents comme amazal ou au contraire ce sont les présidents fédéraux qui la suscitent et l’entretiennent à leur avantage ?

Au contraire, le président de la FRME ne doit pas toucher à la vie des clubs. C’est cet interventionnisme qui les a affaibli. Le président devrait s’occuper de la chose fédérale. Mais tu sais bien que dans les pays tiers mondistes, quand un président arrive, il songe immédiatement à installer une dictature durable. J’ai la même impression concernant notre discipline, dès que quelqu’un accède à la présidence, il opte pour un favoritisme flagrant des clubs qui lui sont fidèles et la mise de vrais bâtons dans les roues des autres. C’est un rôle négatif aux conséquences très graves sur la vie des clubs d’échecs.

Je ne vais pas non plus expliquer comment devrait être un président d’une fédération ! Dans un processus démocratique, le président sort d’un système accepté par les clubs, ces derniers devraient assumer leurs choix. Si le président est mauvais, c’est justement parce qu’ils le sont !

QUESTION : Depuis ton entrée dans les échecs sportifs quel est, pour toi, le meilleur président qu’a connu la fédération ?
Il n’est pas question de choisir qui fut le meilleur président de la FRME. Chaque président était le meilleur de son époque. Le choix du meilleur est du devoir des clubs. C’est à eux d’appuyer les meilleurs candidatures.

Quand un président est élu pour soi-disant 4 ans, tout le monde doit se mettre au travail. Je préfère néanmoins le président de la commission des jeunes ou de la commission scolaire, etc... sur le président de la fédération. Mais dans notre situation, ce n’est pas d’application. De telles commissions n’existent pas encore !

QUESTION : Que penses-tu d’Abdelmajid Mounib et de sa "montée en valeur" ? Quelle est ta position par rapport à l’actuel président par intérim M. Hassan Semlali ? Sa démarche et sa gestion depuis sa prise de fonction ? Ses points forts et ses points faibles ? Bref, te satisfait-il ?

La dernière assemblée extraordinaire de la fédération s’est achevée, d’une part, par la démission du président de la FRME, et d’autre part, par la constitution d’une commission d’enquête relative à l’affaire de l’arbitrage. Ces deux évènements ne sont pas dissociables. Au contraire, ils mènent tous les deux à un seul constat : la montée soudaine d’Abdelmjid Mounib. D’abord, il est propulsé président (d’autres diront coordinateur) de cette commission d’enquête, puis quelques jours après, il était annoncé comme président par Intérim de la FRME.

Comme président de la commission d’enquête, il serait le dernier à qui on doit confier cette commission. Sa position est très connue à travers son courrier envoyé à la FIDE dans lequel lui et d’autres se plaignent de la campagne en cours contre la FRME par un groupe de joueurs vivant à l’étranger et punis par des mesures disciplinaires selon les règlements de la fédération. Abdelmjid Mounib persiste et signe : Cette campagne vise une organisation qui fait des efforts pour promouvoir les échecs par beaucoup de tournois et qui donc favorise ainsi l’obtention du titre d’arbitre international.

C’est de la mauvaise foi. M. Abdelmjid Mounib ne devait en aucun cas accepter cette présidence.

Quant à la présidence par intérim, il s’est avèré qu’il est 2ème vice- président. Là encore, il ne devait pas convoiter le poste du président.

En tout cas, mon opinion sur ce sujet est arrêtée. Je suis pour une démission collective du bureau de la FRME. Ils doivent assumer tous les déboires de la FRME .

Mais la réalité est autre chose. Notre FRME est très malade. Personne ne veut se retirer ! Heureusement pour la FRME, Hassan Semlali demanda l’application des règlements intérieurs et surtout, il se montra en sens inverse de la volonté du bureau toujours fidèle au président démissionnaire. Hassan Semlali devient un vrai obstacle pour le retour de l’ancien régime dont il était pourtant membre. Un retournement spectaculaire. Certes, Il adopte un profil bas, très discret et surout très méfiant. C’est normal, il connait bien les rouages de la FRME, les personnes et les méthodes. Mais, on retrouve le calme au moins en apparence. Les suspensions ne sont plus à l’ordre du jour, la réconciliation est recherchée. Le président par intérim et le bureau sont en désaccord, c’est l’assemblée générale qui va trancher.

Alors , suis-je satisfait ? Pas du tout ! Suis-je content que Hassan Semlali soit président par intérim ? Oui ! Pourquoi ? Il assume correctement cette période de transition où les dérives ont cessé. Certes, il y a des problèmes...mais pas comme avant...

QUESTION : A propos de cette commission d’enquête sur l’arbitrage marocain. Sans la présence du représentant du Ministère de la Jeunesse et des Sports, présence pourtant recommandée par l’assemblée générale pour garantir une certaine crédibilité à cette commission que l’Aseemblée générale constitua, crois-tu que ses travaux seront pris en compte par la Fide, par le ministère de tutelle, par l’Assemblée Générale ?

Cette commission d’enquête ne servira strictement à rien. Je ne vois pas où est l’intérêt pour que le ministère de tutelle s’embarque dans cette affaire. La fide a dit son mot. Le seul recours possible était le TAS. C’est une affaire perdue d’avance.

Depuis une année que la FIDE faisait son enquête personnelle avant de déclarer son jugement, la FRME était l’accusé et avait le temps pour se défendre notamment pour faire éclater la vérité, toute la vérité.

Comment un accusé pourrait faire sa propre enquête ? Et même se faire justice par exemple en jetant la culpabilité sur d’autres personnes ? C’est de l’absurdité. Une perte de temps. Il faut assumer le jugement. Une année est déjà purgée. Il n’en reste pas beaucoup. Patience alors.

QUESTION : Il y une grosse interrogation qui plane sur toutes les têtes. Que ce soit sur celles des contestataires ou celles des partisans de l’ex-président. Il s’agit, bien sûr, des clubs d’échecs marocains qui n’ont pas, il faut le dire, su prévenir les "dérapages" dangereux de l’ex-président.

Ils ont démissionnés de leur rôle statuaire en gardant, pour la majorité d’entre eux, un silence incompréhensible sur tous les scandales qui se révèlèrent aux grand jour, depuis 2007 notamment.

A l’approche de l’assemblée générale extraordinaire élective, penses-tu qu’ils se rattraperont, si l’on peut dire ? Qu’il feront la part des choses en prenant, cette fois, des décisions salutaires pour l’intérêt propre de notre sport ?

Je ne cesserai de le répéter. Nous avons besoin tous les uns des autres. Je suis contre le fait qu’une partie de notre corps échiquéen soit éjectée au soir de cette fameuse assemblée tant attendue. Mais, celui ou celle qui va se présenter doit arriver avec un projet pour les échecs Marocains.

Arrêtons de profiter de notre pauvre fédération. J’étais forcé d’être un contestataire, je ne l’ai jamais souhaité. C’était de la légitime défense. je suis venu avec un projet : j ai créé avec un groupe d’amis échiquéens un site internet ambitieux et avec des idées révolutionnaires qui auraient sans doute porté leurs fruits, si notre FRME ne s’était pas opposée.

Nous devons accepter d’être complémentaires. Personne n’a le monopole de la création de sites ou l’exclusivité de l’information. Cependant, Il est souhaitable de travailler avec une large équipe pour qu’un projet soit très prometteur. J’ai toujours essayé que la maison de Maroc Echecs soit très grande. Plus on est nombreux, plus le projet sera grandiose.

Maintenant, c’est aux clubs de se concerter pour bâtir une fédération forte, où chacun a sa place sans crainte d’être offusqué à cause de ses opinions. Mais avant, les clubs doivent s’auto-critiquer. Leur rôle a été très négatif. Ils ont démontré leur faiblesse. Ils se sont fait avoir.

Suis je optimiste ? Oui, mais il faut du temps, beaucoup de temps pour colmater les plaies. Il faut qu’à partir d’aujourd’hui, de ce soir, on se serre les coudes. L’enjeu est immense : la survie de notre discipline. Place au travail et à la réconciliation générale pour l’intérêt de tous. Nous nous serons tous que gagnants.

A suivre...


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