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C’était il y a … 18 ans

Ahmed ANIBAR ou le talent à l’état pur

Publié le dimanche 11 novembre 2007.


Une étoile brillait... Elle se nommait Ahmed ANIBAR

Une époque qui m’est très chère et que j’ai voulu faire revivre un instant avec nos cher lecteurs. Les années quatre-vingt. Les Echecs étaient très dynamiques en ce temps-là à Khémisset. Plus qu’aujourd’hui. L’Ittihad Zemmouri de Khémisset, section Echecs, n’était pas né. Les 64 cases zemmouries virevoltaient sous le rayonnement du Club Faras des Echecs d’alors et sous l’éclat de son bout de joueur Ahmed ANIBAR. Ahmed, l’un des meilleurs et l’un des tous premiers amis de Mohammed Tissir. Ahmed ANIBAR le combattant dès l’âge de 11 ans qui n’avait de yeux que pour Hicham Hamdouchi. Sa progression était précoce mais tellement renversante en cela que beaucoup de grands joueurs ont goûté à ses coups de boutoir, Hicham Hamdouchi en tête.

3ème au Festival Arabe de la Jeunesse, 1er Jeune au Tournoi International d’Oran en Algérie, 1er non classé au Tournoi International de Tourcoing en France, etc., Ahmed s’est mis en orbite de manière convaincante. Ahmed a appris tout ce qu’il devait savoir en matière de jeu et d’humanisme au sein de son club aux côtés, notamment de ses amis Abderrahim Lahmar, les frères et sœurs Laghmouchi, Amine El Baïta, Sanae Laqdadra, Aziza Serrou etc. Une éclosion sous la présidence de Feu Abdelouahed Fassi Fihri. Les portes semblaient grand’ouvertes devant ce jeune plein d’espoir. Seulement le destin et la Fédération Royale Marocaine des Echecs en voulurent autrement.

Frustré par les promesses d’encadrement de haut niveau qui ne furent malheureusement pas tenues par le président d’alors, en l’occurrence Ahmed Jaâfari, Ahmed fut très déçu. Après avoir récolté quelques titres nationaux pendant les années 1990, il n’eut ensuite qu’une idée fixe : Partir à l’étranger. Il fit tout pour ce but et finalement il y arriva à force de volonté, de patience et de sacrifice. Aujourd’hui, Ahmed est en Allemagne, à Berlin. Marié à une charmante allemande, depuis quelques années déjà, il pousse de temps en temps du bois comme on dit. Son classement international est appréciable et a encore une grande marge d’évolution. On dit souvent que Ahmed Anibar est un peu l’enfant de Boujemâ Kariouch. Si effectivement il y a un peu du Kariouch dans Ahmed, il reste toutefois que ce champion hors pair n’a pu se hisser vers les hauteurs que par la force de sa volonté, de son courage et surtout de son intelligence. Un exemple de ténacité !

Retournons donc au début de la carrière d’Ahmed Anibar. C’était il y a 18 ans et cela vaut le "retour".


« Chronique des Echecs Almaghrib » du dimanche 22 - lundi 23 octobre 1989. Par Boujemâ Kariouch

FAITES CONNAISSANCE AVEC… AHMED ANIBAR


Champion du Maroc minimes 88

Ahmed Anibar, jeune garçon de 13 ans, champion du Maroc 1988 dans la catégorie des moins de 12 ans.

Qui est-il ?

En classe de 2ème A.S. au Collège Moulay Ismaïl, Khémisset, il se situe parmi les meilleurs élèves.

Il commence à jouer aux échecs au milieu de l’année 1987 dans le club Faras d’échecs de sa ville, club dans lequel les jeunes de moins de 16 ans sont majoritaires.

Des août 1988, il participe au championnat national des jeunes dans la catégorie des minimes moins de 12 ans, organisé par la Fédération Royale Marocaine des Echecs, à Salé. Première participation nationale, premier titre pour lui et sa ville. A 11 ans, il devient ainsi champion avec 95% de réussite. A 11 ans, il devient aussi champion du Maroc Juniors moins de 20 ans. Une première au Maroc des Echecs !

Grâce à cette réussite, la ville de Settat l’invite à l’occasion du 13ème Anniversaire de la glorieuse Marche Verte, en novembre 88, pour le présenter aux jeunes joueurs de la ville et organiser en son intention des manifestations échiquéennes. Après une conférence dans laquelle il répond aux nombreuses questions sur les techniques de jeu, il bat une équipe du club d’échecs de la Renaissance de Settat par 5-0. En parties simultanées, contre 23 joueurs locaux et après trois heures de jeu, il gagne 22 parties et en perd une seule.

De plus, il remporte au printemps 89 la coupe de la ville d’Oujda des jeunes, en battant au passage le champion d’Algérie des minimes. En août 89, Ahmed s’adjuge le 1er Tournoi national des jeunes de la Ville d’Azemmour.

Joueur progressant rapidement, il remporte, à part deux exceptions, tous les tournois locaux et régionaux organisés lors de diverses occasions nationales.

Garçon un peu décontracté, cela lui coûte le titre national des cadets moins de 16 ans pour avoir sous-estimé ses adversaires. Il faut dire qu’il devait normalement participer dans la catégorie des moins de 14 ans, mais ce championnat n’a pas pu âtre organisé par la Fédération sans quoi, et sans doute, il aurait remporté facilement cette année le titre des moins de 14 ans.

Ahmed ne court pas systématiquement après le succès. D’ailleurs le publicité faite autour de lui le gêne un peu : son seul souci est actuellement d’apprendre le plus possible et d’avoir une solide expérience pour l’avenir. Cependant il travail les échecs quelques heures par semaine avec son entraîneur et participe aux cours de l’école d’échecs de son club. Tête pleine de bons principes échiquéens, d’idées originales et de variantes d’ouvertures, il se laisse guider par son intuition. Ahmed est aussi un joueur complet à l’aise dans la stratégie que dans la tactique, il cherche à considérer le jeu de façon global (début, milieu et fin). Son équilibre nerveux est exceptionnel d’où une très grande maîtrise dans les situations difficiles. Très combatif, il ne pratique cependant les échecs que depuis deux ans, il est donc fort loin encore du maximum de ses possibilités.

Adepte de la natation qu’il pratique à l’occasion, il avoue aussi aimer les sports d’équipes comme le football, un peu de vélo comme tous les jeunes, voilà qui montre que notre jeune champion n’est pas rivé devant l’échiquier.

Quoi de plus réconfortant : Ahmed est resté un enfant comme tous les autres avec les pieds sur terre, cela ne l’empêchera pas de s’efforcer de reprendre son titre de champion du Maroc en août prochain devant une opposition qui promet d’être forte.

Voici une partie jouée et gagnée par Ahmed en championnat national interclubs et qui montre son calme et sa maîtrise contre un joueur largement plus grand que lui !


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