Accueil du site - l. Salle d’analyse - Parties analysées
Enregistrer au format PDF
Alsina Leal, Daniel 2435 - Hamdouchi, Hichem 2571 : 9ème ronde

Une partie cruciale : l’un cherche le gain, l’autre le nul

Publié le mardi 11 décembre 2007.


David Bronstein disait au sujet de la dernière partie du match Historique de Séville 1987 qui opposa G. Kasparov, tenant du titre, à son Challenger A. Karpov "quand on renonce très tôt à la lutte créatrice cherchant à échanger le plus de pièces possible, cette méthode uniquement destinée à préserver le score conduit toujours à céder l’initiative"

L’adversaire de Hicham menait à la surprise générale ce grand tournoi devant une pléiade de grands maîtres et de maîtres. Il lui suffisait d’un nul et le voilà parmi le peloton des vainqueurs, même premier au départage, avec en prime une norme de grand maître international.

Il choisit donc une ligne de jeu très facile à jouer et sans grandes complications en milieu de jeu. Les blancs viennent d’échanger les dames au 8ème coup. Certes les noirs se trouvent avec une structure de pions à l’aile dame non convenable, mais en compensation, ils bénéficient de la paire de fous.

Il faut revenir à la fin du 19ème siècle pour trouver les premiers exemples. Le Mérite revient peut-être au deuxième champion du monde Emmanuel Lasker qui a adopté cette ligne et l’avait utilisé avec succès dans son long règne en tant que champion du monde (1894-1921). Dans ces premiers essais, il joueura 5.d4 au lieu du petit roque après un certain revers, il adopte la suite 5.o-o.

L’idée primaire d’obtenir une finale supérieure tomba en désuétude, il fallait attendre un certain Bobby Fischer (champion du monde 1972-1975 ) pour que la ligne retrouve un peu de son éclat du passé. Bobby Fischer trouva en cette ligne un allié indéfectible, il remporta toutes ces parties avec cette ligne à l’exception d’une seule partie conclue par le nul, c’était en 1967 à Monté Carlo face à Vassily Smyslov (champion du monde : 1957-1958). Fischer revient avec cette ligne lors de son apparition en 1992 face à Boris Spasski(champion du monde 1969-1972), il remporta une des trois parties sur cette ligne en 21 coups ! (cliquez ici pour voir la partie

Note : Les codes théoriques sont C68 et C69.

Cliquez Ici pour voir les parties d’Emmanuel Lasker

Cliquez Ici pour voir les parties de Bobby Fischer

Place maintenant à la partie de Hicham.

 Alsina Leal, Daniel 2435 - Hamdouchi, Hichem 2571
 XIII Torneo de Navalmoral de la Mata 2007
 Partie Espagnole
 Variante d’échange

1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fb5 a6 4.Fxc6 dxc6 5.0–0 (voir diag I)

Diag I

5...f6 6.d4 Fg4 7.dxe5 Dxd1 8.Txd1 fxe5 9.Td3 Fd6 (voir diag II)

Hicham savait avant le début de la partie que son adversaire jouait la variante d’ échange sur la partie espagnole, en vérité, Hicham avait préparé une variante tactique sur l’espagnole fermée ; lorsqu’on sait qu’il ne joue pas 1...e5, il était déjà dans un terrain inconnu, il dépensa beaucoup de temps à trouver les meilleurs coups. 9.Td3 est-il un coup théorique ? il se posa cette question lors de la partie. En effet ce coup est constitutif de cette variante, il est mentionné dans un des livres des finales du Grand Maître Edmar Mednis qui étudia la variante d’échange sur la partie espagnole comme exemple du passage rapide de l’ouverture vers la finale.

Diag II

10.Cbd2 Cf6 11.b3 b5 12.Fb2 Cd7 13.h3 Fh5 14.Ch4 Cc5 15.Te3 0–0–0 16.g4 Fg6 17.Cf5 h5 18.Cf3 hxg4 19.hxg4 Fxf5 20.gxf5 Tde8 21.Rg2 g6 22.fxg6 Th6 23.Tg1 Txg6+ 24.Rf1= (voir diag III)

Ici l’adversaire de Hicham proposa nul, mais c’était trop tard. Pourtant, quelques coups auparavant Hicham craignait 22. Th1 ! qui selon Hicham égalisait. Maintenant, Hicham a pris un certain ascendant psychologique et a décidé « d’accoucher » une position pourtant d’une impression égale.

Diag III

24...Tf6 25.Ce1 Tf4 26.f3 Tef8 27.Te2 Th4 28.Rd1 Th5 29.Te2 Ce6 30.Fc1 c5 31.Teg2 Td8 32.c3 c4 33.Tg8 Ff8+ 34.Re2 cxb3 35.axb3 b4 36.cxb4 Cd4+ 37.Rf1 Fxb4 38.Txd8+ Rxd8 39.Cd3 (voir diag IV)

Diag IV

39... Fd640. f4 Th3 41. fxe5 Txd3 42. exd6 (voir diag V)

Diag V

Les blancs perdent soudainement une pièce par une fourchette inévitable. L’échec en f4 n’y changeait rien.

42...Td1+ 43. Rf2 Txg1 44. dxc7+ Rxc7 45. Ff4+ Rc6 46. Rxg1 Ce2+ 47. Rf2 Cxf4 48. Re3 Ce6 49. e5 Rc5 50. Re4 a5 51. Rf5 Rd5 52. Rf6 Cd4 0-1(voir diag VI)

Diag VI


Répondre à cet article