Edward Winter présentes : Mystères non résolus aux échecs (2)
12.03.2007 – Nous vous apportons une sélection de plus des mystères intrigants aux échecs du Chess Notes, y compris les origines de Marshall Gambit, une partie attribuée à Steinitz et Pillsbury ; et l’affaire bizarre de la bêtise présumée commise par Capablanca dans Fondamentales des Echecs. Une fois de plus, nos lecteurs sont invités à la chasse des traces de solutions.
Mystères Non Résolues des Echecs (2) Par Edward Winter
Quand Marshal avait-il- joué le Gambit Marshal pour la première fois ? (C.N. 2332)
L’exemplaire le plus vieux jamais connu du Gambit Marshal dans la Ruy López est une partie remportée par Carl Walbrodt (Blanc) contre quatre joueurs Cubains (Conill, Ostolaza, López et Herrera) à Havane, en 1893. Elle a été incluse dans C.N. 1996 (voir pages 151-152 de notre livre Rois, Roturiers et Bandits) et elle est actuellement largement offerte par les bases de données. Cependant la question se pose : est ce que Frank Marshal lui-même avait auparavant joué la line 8… d5 avant sa rencontre fameuse avec Capablanca à New York, en 1918 ? Il existe une partie Walter Frère vs Marshall, ‘New York, 1917’ souvent publiée (voir par exemple les pages 238-239 des 1000 Meilleures Courtes Parties Aux Echecs par Irving Chernev), mais on doit quand même la trouver dedans une magazine ou colonne du temps contemporain.
Comme on a déjà mentionné dans C.N. 2332, Marshal avait publié la partie Frere dans les pages 110-111 de son ouvrage très peu courant Comparative Chess (Philadelphia, 1932) :
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A noter que Marshal n’offre ni date ni endroit, mais annonçant simplement, ‘la partie qui suit était jouée quelques années dans le passé, pour vérifier ma défense dans le Ruy Lopez.’
Un point curieux de plus dans Comparative Chess est celui de la page 104, c’était 7 … O-O, plutôt que 8… d5, que Marshall a souligné. De 7… O-O il écrivit (fautivement), ‘Je prétends que mon coup est une nouveauté originale’.
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Une partie jouée de la part de Pillsbury ? (C.N. 3288)
Cette position émane de la page 41 du livre Les échecs dans le monde par Victor Kahn et Georges Renaud (Monaco, 1952) :
Les coauteurs ont affirmé qu’elle vint d’une partie entre H.N. Pillsbury et E.F. Wendell durant une exposition simultanée sur 40 échiquiers à Chicago en 1901 ; la suite étant 12 Cxg5 hxg5 13 Dh5 Txh5 14 Cg8+ Re8 15 Fxf7 mate. Toutefois le résultat suivant, avec une finale identique, est sur les pages 319-320 du premier volume de la deuxième édition de Schachmeister Steinitz par L. Bachmann (Ansbach, 1925) :
Wilhelm Steinitz – N.N. Londres, 1873
(Déplace la tour Blanche en a1.) 1 e4 e5 2 f4 Cc6 3 Cf3 Cf6 4 fxe5 Cxe4 5 d3 Cc5 6 d4 Ca6 7 Fc4 De7 8 Cc3 h6 9 O-O g5 10 Cd5 Dd8 11 Cf6+ Re7 12 Cxg5 hxg5 13 Dh5 Txh5 14 Cg8+ Re8 15 Fxf7 mate.
Cette partie-là, avec Steinitz en Blanc, était publiée sur la page 230 du Magazine de la Ville de Londres en Octobre 1874, mais la question est : sur quelles bases a-t-on attribué la partie à Pillsbury ?
Lasker et une composition (C.N. 2705)
Dans C.N. numéro 145 Michael McDowell (Angleterre) indiquât une photo très connue de Emanuel Lasker entrain d’étudier une composition. La photo, à titre d’exemple, apparaissait sur la couverture de la publication Dover Manuel des échecs de Lasker :
Un diagramme de la position (dont le compositeur est inconnu) est donné ci-dessous :
Quand nous croyions que la solution était 1 Tg8 Txg8 2 Th8 Txh8 3 g7 Tg8 (or 3...Tf8) 4 h7 et gagne, donc c’est la où s’étend tout le problème depuis 20 ans. Cependant alors le numéro de C.N. 2705 relatât que nous avons effectué une vérification assistée par ordinateur dans laquelle le logiciel Fritz, a produit, presque immédiatement, un mate routinier dans cinq coups (c’est-à-dire un coup de moins) : 1 Tf7 Tg8 2 Thg7 (Ou 2 g7.) 2...Th8 3 h7 quoique 4 Tg8+ Txg8 5 hxg8 (D) mate. L’information est encore illusoire concernant la première apparition de la composition, l’identité de son auteur et la solution destinée.
Mystère de finale d’un pion : Est ce que Capablanca a gaffé ? (C.N. 2011)
Dans Chess Fundamentals (les Fondamentales des échecs) Capablanca avait publié ce qui suit an tant que ‘Exemple 8’ :
Page 64 du Comprehensive Chess Endings (les finales complètes aux échecs), volume 4, par Y. Averbakh et I. Maizelis (Oxford, 1987) a eu le commentaire suivant sur la position :
‘Le seul coup non gagnant ici est 1g5 ? En considération de 1…g6.
Curieusement, dans sa première édition de son Chess Fundamentals (les Fondamentales des échecs, Capablanca revendiquat (il a rectifié ceci après) que 1 f5 ne gagnait pas non plus en raison de 1…g6 (il a laissé l’analyse de la variation au lecteur). Capablanca donna la solution 1 Re4 Re6 2 f5+ Rf6 3 Rf4 etc. Mais c’est exactement via f5 ! que les Blancs gagnent très rapidement.’
Les analyses critiques de cette position ont apparu sur la page 268 du numéro de Novembre 1949 de Magyar Sakkvillág, où Dr Jenő Bán prétendit avoir corrigé Capablanca en démontrant un gain par 1 f5 g6 2 fxg6 Re6 3 g5 (Non 3 Re4 Rf6 4 g7 Rxg7 5 Rf5 Rf7, aboutissant à un nul) 3...Re7 4 Re5 Rf8 5 Rf6 Rg8 6 g7 Rh7 7 g8(D)+ Rxg8 8 Rg6 puis gagne. Ces coups ont été répétés par Fred Reinfeld sur page 279 du The Joys of Chess (Les Plaisirs des Echecs) (New York, 1961), dans un chapitre intitulé ‘Gaffes des Maîtres’. La finale a été aussi abordée dans Chess Life & Review (Vie des Echecs & analyse) en juin 1971 (page 306), Décembre 1971 (page 704) et Novembre 1972 (page 549). Les dernières commentaires de ces discussions étaient contribuées par Paul Keres :
‘En outre, la position de Chess Fundamentals (les Fondamentales des échecs) de Capablanca, donnée dans le numéro de Décembre 1971, page 704, a attiré mon attention et j’en étais intéressé. Je n’ai pas la version Anglaise du bouquin, mais dans la traduction Allemande (1927 et 1934) l’affirmation est que 1 P-B5 gagne aussi à cause de 1…P-N3. La traduction Russe du livre, contrairement, affirme que 1 P-B5 gagne aussi, les meilleurs chances de contre jeu pour les Noirs étant 1…P-Kt3. Mon impression est que Capablanca a commis la faute au début, en pensant que la position était nulle, mais, remarquant sa gaffe après, il l’a corrigée. Evidemment ceci n’est que mon impression – je n’ai aucun fait pour le prouver.’
Est ce que Capablanca a gaffé alors en prétendant que 1 f5 ne gagnerait pas et, si c’a été le cas, l’a-t-il corrigé ? Toutes les éditions de Chess Fundamentals (les Fondamentales des échecs) publiées au Royaume Uni (y compris l’original de 1921) semblent affirmer :’Dans la position qui précède, les Blancs peuvent gagner par 1 P-B5 . La meilleure réponse des Noirs serait P-Kt3.’ Le Cubain ajoute que les Blancs ‘ne peuvent gagner en jouant 1P-Kt3 nulle’ puis écrit après que ‘les Blancs peuvent, néanmoins, gagner par 1 K-K4’. Cela était suivi par un nombre de variations. .
édition du RU, 1921, page 12 Les éditeurs Britanniques étaient G.Bell et Sons (fils), cependant l’édition Américaine était publiée par Harcourt, Brace et Co. La version originale de l’édition Américaine déclare :
‘Dans la position qui précède les Blancs peuvent gagner par 1 P-B5. La meilleure réponse des Noirs serait P-Kt3 nulle. (L’élève doit la trouver.) Il ne peut gagner par 1 P-Kt5, parce que P-Kt3 nulle.’
Edition USA, 1921, page 14
Les deux premières phrases se contredisent clairement, et dans la deuxième phrase le mot ‘draws’(‘fait nulle’), qui est introuvable dans l’édition Anglaise est syntaxiquement incorrecte. Est que le mot a été ajouté accidentellement à la phase de publication, induit dans l’erreur peut-être par la ressemblance de la fin de la deuxième phrase ? Afin d’éradiquer la contradiction, une des deux phrases dans la version Américaine avait besoin d’être modifié. Remarquablement, la solution adoptée – dans l’édition de la moitié des années 30, dont l’avant-propos a été publié par Capablanca le 1er Septembre 1934 – se posait : ‘Dans la position citée les Blancs ne peuvent gagner par 1 P-B5. La meilleure riposte des Noirs serait P-Kt3 et nulle.’
L’édition Américaine, mi-1930, page 14
Pour résumer, bien que Averbakh et Maizelis aient suggéré que capablanca a) écrivait fautivement que les Blancs ne peuvent gagner avec 1 f5 et b) a corrigé le texte après ‘peuvent gagner’, en faite la modification (entreprise dans les mi-trentaines de l’édition Américaine) est allée dans la direction opposée : ‘peut’ a été changé à ‘ne peut pas’. Qui a été l’auteur de ce changement et pourquoi l’a-t-il fait ? Quelques complications supplémentaires apparaissent concernant l’édition Allemande (publiée en 1927 par Walter de Gruyter & Co. sous le titre de Grundzüge der Schachstrategie), depuis laquelle Dr Bán travaillait.
Pour une raison ou une autre on déclarait :
‘In der Stellung (Beispiel 8) kann Weiß nicht durch 1 f5 gewinnen ; die richtige Erwiderung wäre 1...g6 (der Leser möge dies selbst durchdenken). Weiß kann auch nicht gewinnen mit 1 g5, weil Schwarz g6 antwortet.’
L’édition Allemande, 1927, page 8
Les mots nicht et auch n’ont pas d’équivalents dans les éditions originales de langue Anglaise. Plus de confusion se sont produite quand, à la réapparition de la traduction Allemande en 1979, on a modifié la position pour justifier le nicht. Le roi Blanc était positionné sur la case e3 et le roi Noir sur e7.
Est ce que les lecteurs connaissent quelques autres éditions parues avant 1934, peu importe la langue, qui disent, ‘les Blancs ne peuvent gagner par 1 f5’ ?
Soumettez vos informations ou propositions au sujet de mystéres aux échecs






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