QUESTION : Mais admettons, si tu le veux bien Abdelaziz, qu’au terme de la prochaine assemblée générale extraordinaire élective, un proche de l’ex-président, comme par exemple Abdelmajid Mounib ou une une autre personne, soit élu à la tête de la Fédération. Quels pourraient être tes sentiments profonds ? Signerais-tu un arrêt de mort, un sursis ou bien y verrais-tu encore une possibilité de décollage pour la Fédération ? Et je te retourne la question, et si c’est Semlali ou une autre personne que tu pourrais considérer apte qui était élu à la présidence de la FRME ?
Je ne comprends pas pourquoi on se focaliserait sur le cas Abdelmjid Mounib. Notre fédération mérite un meilleur sort. Ce n’est pas parce que Abdelmjid Mounib appartient à un clan d’une autre époque et qui a un pouvoir contesté, hérité de la période "noire" que nous devons le considérer.
Si j étais à la place de Mounib, j’adopterais un profil bas. Comment une personne qui a participé à toutes les machinations (Suspensions à tout va, la "dirty case" de l’arbitrage ...) peut encore prétendre à un quelconque rôle au sein de la FRME ?? Il a appartenu à un bureau qui a mené notre fédération à la ruine et au déshonneur. Il devrait abandonner toute idée de retour à un poste de responsabilité. C’est la la raison qui veut cela. Le contraire serait un suicide, de la folie.
QUESTION : Il ne s’agit pas de se focaliser sur une personne ou une autre, mais de nous dire tes sentiments sur une situation donnée au terme d’une assemblée générale extraordinaire élective.
Je ne vois aucun avenir à une fédération version Mounib. Il a sa place au sein de la famille échiquéenne comme tout le monde. Je ne me sens pas avoir le droit de le bannir ou de le prier de quitter les échecs marocains. La question est la suivante : a t-il droit à une deuxième chance pour se rattraper ? Je ne le pense pas, après tout le mal qu’il a causé aux échecs marocains pendant l’ère de celui dont on ne prononce plus le nom ! Pourra-t-il répondre de toutes ses implications au processus des suspensions et à l’affaire de l’arbitrage depuis 2005 ? Aura t-il le courage de s’expliquer ? de se repentir ?
Voici un aperçu du lourd fardeau que Abdelmjid Mounib portera à jamais :
Membre de la Commission de suspension d’Ali Sebbar (2005)
Membre des clubs votants pour les suspensions d’Abdelhafid Elamri et
de moi-même (2006)
Président (enfin la promotion !) de la commission qui a suspendu Mohamed Hajaj (2007 ?)
Auteur d’un faux témoignage auprès de la Fide, qui n’a d’ailleurs servi à rien (2007)
Coordinateur de la tristement célèbre commission d’enquête a posteriori !
Ce n’est pas au poste de président de la fédération qu’il doit prétendre. Mais plutôt à un poste de bourreau ! Il a intérêt à partir et même dans ce cas, il aura toujours des comptes à rendre. D’abord envers lui-même. Son rôle a été très négatif et a fait du tort aux échecs Marocains.
Si j’étais à sa place , je crois que je ne pourrais jamais plus dormir ! Le rôle qu’il a joué dans cette période "noire" qu’ont connue les échecs marocains est celui du meurtrier dans un film policier.
QUESTION : Revenons, si tu le veux bien, à la Fédération en tant que telle. A ton avis, quelle est la toute première chose ou décision que devra mettre en œuvre le prochain président de la FRME ?
Je souhaite que le nouveau président expose devant l’assemblée son projet pour redresser la FRME. Et même, il serait intéressant de le communiquer avant l’assemblée, qu’il avance des garanties pour sa faisabilité et qu’il soit questionné la-dessus le jour de l’assemblée.
Qu’elle serait sa toute première action ? Je crois qu’un geste fort s’imposera pour rendre à la FRME sa dignité et le respect de la part de tous.
Pourvu qu’il ratisse large, rassembler le plus grand nombre de compétences autour de son projet fédéral et qu’il recrute une bonne équipe de bénévoles !
QUESTION : Je comprends ton souci sur la nécessité d’une réconciliation" dont tu parles dans notre entretien. Sachant qu’il y a, à ce sujet, "des points de vue fermes" et des conditions également "fermes" émises par certaines personnalités de la scène échiquéenne nationale sur ses modalités. Comment vois- tu cette "réconciliation" et à quel niveau ? On se serre la main, tous sans exception, on se jure de ne plus faire ceci et cela et on repart sur une nouvelle base ? Est-ce à ce prix Abdelaziz ?
A mon avis, les différends entre les personnes doivent être traités en dehors de la Fédération. La FRME appartient à tous les clubs et à tous les affiliés sans distinction.
Quand la FRME est enroulée dans une affaire, c’est l’avenir des échecs Marocains qui est pris au piège. La FRME est une entité au dessus des mésententes et des querelles entre les personnes. Elle ne doit pas être utilisée pour les règlements des comptes. Elle ne doit jamais être prise en otage. Elle doit être intouchable. Si certains membres de la FRME ont des problèmes particuliers entre eux, ils ne doivent pas embarquer la FRME dans ces sales affaires. Ils doivent les résoudre loin de cette honorable entité. Ce qui nous est arrivé ces dernières années est très dangereux.
Mustapha Amazzal, il faut quand même le nommer pour être clair, le président démissionnaire, a associé la FRME à tous ses problèmes. Il l’a entraînée dans la boue, l’a utilisée pour monter ses coups, asseoir sa dictature... La FRME est devenue sa propriété et du coup elle a été mêlée à toutes les machinations.
Le cas pionnier était l’affaire de transfert d’Ali Sebbar. Amazzal a utilisé son pouvoir de président de la FRME pour s’opposer à la volonté légitime de Ali de changer de club ; pire, il a fabriqué deux commissions, une en décembre 2005, une autre en Avril 2006, pour suspendre Ali Sebbar à deux reprises. Depuis 2005 ; la FRME a été associé à tous les conflits Amazzal vs le reste du pays.
Ma proposition est calire et nette :
Nos problèmes peuvent actuellement se résoudre indépendamment de la FRME.
Je m’explique. Lors de la prochaine assemblée générale, toutes les suspensions sans exception doivent être annulées immédiatement. Même si c’est trop tard car le mal est déja fait ! La FRME se lavera ainsi les mains de tous les conflits où elle a été enroulée de force par le président démissionnaire. De facto, la FRME retrouvera aussitôt sa liberté.
Cependant, Il reste à trouver les meilleurs moyens pour compenser les personnes lésées et je cite Ali Sebbar, Abdelhafid Elamri, Ahmed Sirine, Mohamed Tissir, Mohamed Hajaj, Toumer Tadlaoui, le Fus, le TSC et de nombreux autres (personnes ou clubs)...
La liberté de la FRME est très importante. La FRME est devenue avec l’ancien président un vrai tribunal militaire avec des juges, des bourreaux, des faux témoins, des rapports fabriqués, des mensonges, des lynchages, des suspensions .....
Quand la FRME retrouvera sa liberté, ce sera la meilleure des réconciliations. Quand deux personnes ont des différends, ils ont la rue et les tribunaux pour les résoudre.
Nous sommes tous remplaçables. Par contre, la FRME est censée se perpétuer de génération en génération. Alors laissons-la tranquille ! Épargnons-la de nos différends.
Pour ma part, je n’ai plus de problèmes avec Amazzal et la FRME ! Mon différend a été résolu au sein la FIDE et je suis satisfait du résultat.
La FRME d’Amazzal m’a suspendu pour 5 ans, sans crier gare, sans m’avertir, sans me donner l’occasion de me défendre, sans la possibilité de faire appel.
La FIDE m’a donné justice en suspendant Amazzal pour 3 ans et la FRME pour 2 ans. 3 et 2 font 5, le compte est bon.
En ce moment, je vis en paix. Gare à celui qui me cherchera des ennuis, il me trouvera plus méchant qu’avant !
Ceci est un avertissement pour les membres de la commission d’enquête, il est fort probable de reprendre les plaintes auprès de la FIDE si la mascarade continue.
Gare à quiconque mettra en doute nos témoignages.
QUESTION : L’on voit que cette "réconciliation" reste du domaine du probable. Pour peu que la volonté de tous s’y prête. Mais il apparaît que ce n’est pas le cas. Il se trouve un "gros problème" bien épineux et surtout bien enraciné dans la vie de la FRME. Je précise :
M. Elami détient pas moins de 5 jugements contre la frme, il a déclaré qu’il irait jusqu’au bout pour avoir le dédommagement contre ce qu’il a subi comme suspensions arbitraires. Quel président pourrait garantir le règlement de ce problème sans que la frme qui a été victime aussi dans ce dossier, n’en paye les conséquences ?
La réconciliation est possible. Elle exige des personnes intelligentes. Le principe est simple : libérer la FRME de ce lourd fardeau amassé pendant presque 3 ans. Les suspensions ont empoisonné notre structure, d’où la nécessité d’une rapide annulation. C’est la fédération qui en sortira gagnante.
La FRME est très fragile. Si chacun de nous la poursuit, elle sera ruinée. Si Amazzal avait eu l’habileté de résoudre ses différends loin de la fédération, cette dernière serait aujourd’hui à l’abri. Malheureusement, c’est l’inverse qui s’est produit. Et, c’est tout à fait logique qu’Elamri Abdelhafid remporte des victoires écrasantes sur la FRME fragilisée par Amazzal. Malheureusement, l’adversaire d’Elamri n’était pas Amazzal, c’était la FRME le bouclier d’Amazzal.
Dans une phase suivante, Il serait très important de trouver un système de dédommagement des personnes lésées surtout Ali Sebbar et Abdelhafid Elamri. Que d’occasions ont été gâchées pour ces deux potentialités.
QUESTIONS : Le volontariat a prouvé sa stérilité en ne répondant pas aux besoins de la FRME pour se mettre sur les rails du progrès. Quelles sont les perspectives de notre fédération pour surpasser ce blocus de gestion volontaire ? Sachant que la gestion moderne productive exige la complémentarité entre dirigeants fédéraux, techniciens et dirigeants de ligues et clubs, peux-tu expliquer un peu plus, vue que ta grande expérience en France ?
En France et dans les pays développés, le temps c’est de l’argent. Tout projet nécessite une subvention conséquente. Je n’ai jamais participé dans un projet en tant que bénévole ! c’est strictement interdit. Quand on accomplit un travail on est rémunéré aussitôt parfois même avant. Mon expérience est difficilement exportable au Maroc.
Le volontariat au Maroc est un grand mirage, on n’est jamais rémunéré pour son travail. Cette situation provoque des dérapages. Quand une personne travaille dans le cadre d’une association ou une organisation, il cherche aussitôt à profiter de sa position, il trouve les formules miracles pour capitaliser ses efforts même au profit des autres, au détriment de son association ou de la structure qu’il dirige.
Notre fédération se doit de fonctionner d’une autre manière, elle doit adopter un statut professionnel. Rien ne devra être gratuit à mon sens. C’est pourquoi la FRME doit adopter de nouvelles formules pour remplir ses caisses.
Un club qui veut organiser un tournoi homologué par la FRME doit payer (par exemple 5% des cotisations). Un affilié qui passe un diplôme (animateur, entraineur, arbitre...) doit payer. Quand un arbitre dirige un tournoi, il doit être payé. Quand un formateur dirige un stage, il doit être payé.
Les ligues doivent être indépendantes et actives. Elles doivent trouver les formules pour avoir une certaine autonomie financière ...
Les animateurs doivent trouver du travail au sein des écoles, des entreprises.
La fédération a donc intérêt à ce qui il y ait plus de clubs, plus d’affiliés, plus de tournois. Cela se répercutera sur ses revenus.
Dans cette opération win-win ; tout le monde serait gagnant.
Sur cette réponse à méditer qui je l’espère ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd, Maroc Echecs te remercie de lui avoir donné de ton temps précieux pour ses lecteurs. Bon Fête de l’Aïd et beaucoup de succès à Abdelaziz Onkoud.
MAROC ECHECS












