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Bloc-Notes 64 -n°3 - Le Ciel est toujours gris

Conférence de Salé sur les Echecs marocains

L’inadéquation des statuts et règlements
publication mercredi 23 janvier 2008. Enregistrer au format PDF
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Comme il avait été annoncé par les organisateurs du Tournoi Feu Mohamed Ismaili Idrissi, une conférence sur les échecs marocains s’est déroulée la nuit du samedi 19 janvier 2008, de 9h00 à 00h00, dans la salle de jeu.

C’est en présence d’une douzaine de présidents et de responsables de clubs Marocains que la discussion a porté sur la problématique des échecs marocains en générales et de la situation de la Fédération Royale Marocaine des échecs en particulier.

De nombreuses interventions ont été notamment axées sur la nécessité de revoir les règlements régissant la gestion fédérale. Les problèmes qui touchent notre sport ont reçus différents éclairages selon les points de vue des intervenants présents à cette réunion.

L’inadaptation des statuts et règlements fédéraux avec une gestion et une organisation échiquéenne à caractère réellement sportive et démocratique, conformément à la loi relative l’éducation physique et aux sport, a été soulevé et considéré comme ayant une grande part dans les maux qui entravent ces dernières 15 années le développement de notre sport.

Egalement, la grande responsabilité de nos dirigeants fédéraux a été mise en relief dans sa dimension humaine négative et a été développé comme étant aussi la cause du mal qui ronge la FRME en particulier depuis ces dernières années.

Autres points évoqués :

La gestion anachronique des finances fédérales, L’utilisation des ressources financières et la dégradation de ces dernières. Voir le désistement de l’Ex-« Wafabank ». L’affiliation des clubs d’Echecs à la FRME qui s’effectue d’une manière par trop simplifié dans un but d’intérêts personnels et non celui du sport. Voir les clubs de salon de café… La nécessité de considérer la formation de base comme un acte prioritaire sur lequel tous les efforts doivent être ciblés, etc.

Bref, des analyses pertinentes, présentées, durant trois heures, par les intervenants qui se rejoignent sur l’urgence de la mise à niveau des statuts et règlements fédéraux. 1er chantier prioritaire !

Pour notre part, nous avions présenté une intervention sur le thème suivant : « 1er Novembre 1992, la FRME, reconnue comme fédération sportive ; 17 novembre 1993 promulgation de la loi relative à l’éducation physique et aux sports : Quel bilan 15 ans après ? ».

Un bilan bien négatif en vérité !

Pour nos lecteurs, s’ils le souhaiten t, voir cette modeste intervention ci-bas, je l’a livre telle quelle.

Enfin, pour conclure :

« Si tu suis le chemin qui s’appelle PLUS TARD, tu arriveras à la place qui s’appelle JAMAIS ».

Quelques Photos :


Intervention de Boujemâ Kariouch, cadre national.

Avant d’aborder mon sujet, permettez moi d’exprimer avec émotion ma profonde reconnaissance pour le président de l’ASS section Echecs, Monsieur El Mekki El Azzouzi ainsi que les membres de son bureau d’avoir eu le noble cœur et la fidélité en amitié, d’organiser cette conférence et le Tournoi qui a débuté cet après-midi en l’hommage et à la mémoire de Feu Si Mohamed Ismaili Idrissi. Ce que je retiens de cet homme jovial, plein d’humour, c’est son visage ferme, sérieux lorsqu’il réfléchissait sur un problème qu’on lui soumettait et en même temps, sans transition, offrait son sourire presque enfantant à ceux qu’ils l’accostaient. Savoir faire la part des choses. C’est, si je puis dire l’une de ses nombreuses qualités. Je ne sais pas si mes amis de Salé me contrediront, mais c’est l’image que j’ai gardé de lui sans oublier son dynamisme sans calcul et son immense passion pour les échecs. Que Dieu le couvre sa miséricorde. Repose en paix Si Mohamed. Compte sur nous, nous serons ici l’année prochaine pour la 2ème édition de ton Tournoi. Inchallah.

Je voudrais d’abord signaler que mon intervention doit correspondre aux temps alloués, donc je vais généraliser en restant sur les grandes lignes de mon sujet. Un sujet qui par la force des choses s’impose a notre méditation.

AINSI, LE SUJET DE MON INTERVENTION EST LE SUIVANT :

« 1er Novembre 1992, la FRME, reconnue comme fédération sportive ; 17 novembre 1993 promulgation de la loi relative à l’éducation physique et aux sports : Quel bilan 15 ans après ? »

En effet le 12 octobre 1992, dans sa rubrique échiquéenne du journal Al Bayane en langue Française, Feu Kamal Skalli, alors président de la Fédération Royale Marocaine des Echecs soutenait avec des arguments forts que les éléments qui caractérisent les Echecs font de cette discipline un Sport à part entière. Et qu’il est venu le temps qu’il en soit ainsi.

Puis, quelques semaines en novembre 1992, dans une lettre adressé à la fédération, le ministère de la jeunesse et des sports, sous Monsieur Abdellah Belkziz, décidait de reconnaître la FRME comme une fédération sportive, et ce, « compte tenu de la nature du sport d’échecs basé notamment sur la compétitivité et la combativité ainsi que de la structure organisationnelle de la fédération –ce qui rapproche cette activité du domaine sportif —, il a été décidé de considérer, à partir du 1er Novembre (1993) la FRME comme fédération sportive ».

Avant cette date le ministère de la jeunesse et des sports considérait les activités de la fédération comme relevant du domaine de la jeunesse et non de celui des sportifs.

A cette, époque, nous entendions les « You You » de Tanger à Lagouira. Les cœurs des acteurs de la scène échiquéenne nationale se remplissaient de joie, de fierté, mais aussi d’espoir en ce nouveau statut qui rendait justice à une pratique sportive des plus noble qu’est le jeu d’Echecs.

Les félicitations émanant de Fédérations d’Echecs de divers pays étrangers pleuvaient au siège de la Fédération. Bref, la Fédération Royale Marocaine des Echecs entrait dans la cours des grands du sport national.

Presque un an après, le Bulletin Officiel n°4229 du 17 novembre 1993, promulguait la loi relative à l’Education physique et aux sports.

Ainsi, après l’acquisition du statut de fédération sportive, la FRME avait devant elle un outil formidable pour se moderniser, s’organiser dans un cadre propice à son évolution saine.

Depuis ces deux évènements majeurs de la vie des Echecs Marocains en 1992 et en 1993, il est légitime de nous poser la question suivante :

« Quel Bilan, 15 après ? »

Devant cette question, tout un chacun présent ici aura vite fait son bilan en quelques mots. Evidemment celui-ci sera bien négatif. Après 15 ans nous sommes toujours dans une situation précaire.

Car, nous n’avons pas toujours saisie à l’heure actuelle ces deux occasions de changer notre sport par nous même.ET PLUS :

NOUS N’AVONS PAS PU OU PAS SU NOUS CHANGER NOUS MEME.

A trop attendre une assistance qui vienne d’ ailleurs nous n’avons pas globalement bougé depuis 15 ans. C’est le constat qu’on ne peut nier, triste soit-il. Cette double dimension statutaire et législative nous n’avons pu, malheureusement, nous y insérer comme il se devait. Bien sur les causes que l’on pourrait émettre varient selon les points de vue de chacun. Et je pense que tout le monde a raison tellement la problématique fédérale est complexe en soit, du moment où les problèmes sont inter-relie horizontalement et verticalement. Je ne voudrais m’étaler en détails sur les disfonctionnements chroniques qui régissent la vie de la Fédération et qui se reflètent bien naturellement sur la pratique de notre sport depuis ces 15 ans et surtout ne pas proposer de solutions, cela serait trop long, ici, et cela n’est pas de ma compétence, cela concerne plutôt une conférence nationale élargie charger de se pencher sur cette exigence nationale cruciale. Mais cependant, il faut avoir à l’esprit de la nécessité de réfléchir à une refondation structurelle, par étape, de la FRME à l’horizon 2010, sans cela nous resterons dans le cercle vicieux de ces 15 dernières années.

Simplement je voudrais vous faire part de la dernière phrase de l’article de la rubrique de Feu Kamal Skalli.

Ainsi Feu Kamal terminait son écrit « Les échecs sont un Sport ! » par ceci « Nous ne voulons pas être les oubliés du Mouvement comme cela a si souvent été le cas ». Nous pouvons constater que c’est toujours le cas, car nous sommes toujours en marge de ce mouvement. Nous n’évoluons aucunement.

Aussi pour terminer, je ne peux m’empêcher d’évoquer une autre phrase de Feu Si Mohamed Ismaili Idrissi, lorsqu’il nous encourageait moi et Ahmed Anibar, je m’en souviens, il nous disait à Rabat quand il venait à nous, lors de diverses participation dans les années 80, il disait donc : « C’est le travail en profondeur qui paye ».

A MEDITER. Cela aurait sans doute fait plaisir à Si Mohamed.

Merci de votre attention.

Merci du fond du cœur a l’ASS Echecs.

Merci à Monsieur El Mekki El Azzouz.


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