A travers un commentaire intitulé "Les échecs et le sport au Maroc, quelles sorties de crise ?", le professeur Lameti nous faisait part le 13 février dernier d’une intéressante interview de M. Aziz Daouda suite à la débâcle de l’équipe nationale de football à l’occasion de la dernière Coupe d’Afrique des Nations.
M. Lameti nous invitait à prendre part, en tant qu’échéphiles et sportifs touchés de plein fouet par la crise généralisée du sport marocain, au débat de fond suscité par l’article, débat qui devrait porter sur les réformes devenues indispensables des fédérations sportives toutes disciplines confondues, notamment en matière de modernisation de leur organisation et de leur fonctionnement.
Malheureusement, à part quelques articles satiriques et/ou visionnaires qui imaginent des scénarii variés pour les développements à venir de la FRME (lire les derniers articles de Boujemâ, Idrissi et Boukdeir) et qui se limitent tout au plus au descriptif pur avec, au mieux, des analyses restreintes et des projections à court terme, l’intervention de M. Lameti aussi intéressante qu’elle soit, n’a suscité aucune réaction de la part de nos lecteurs. Nada, Niet, pas le moindre commentaire sur le site ! J’ose espérer que certaines personnes ont peut-être pris contact avec M. Lameti, ne serait-ce que pour le remercier de sa proposition, et qu’ils n’ont peut-être pas jugé utile d’afficher une position par rapport à la réflexion suscitée, mais je crois qu’il y a trop de « peut-être » dans cet espoir et que c’est plutôt un rêve éveillé que je fais là et qui associe à la fois un désir et une angoisse.
Est-ce parce qu’on a trop souvent vainement dépensé notre énergie ? Est-ce parce qu’on n’y voit plus l’utilité après des années de réflexions et de débats ? Est-ce parce qu’on ne croit plus aux palabres et qu’on a envie de voir les gens agir plutôt que de continuer à réfléchir ? Avons-nous perdu tout espoir de construire une alternative. Peut-être bien une fois de plus ! Mais une société qui ne réfléchit plus, quelque soient ses besoins et ses priorités, n’est-elle pas vouée à l’échec ? Compter sur les autres pour régler nos problèmes, n’est-ce pas un abandon, une pire utopie ?
Avons-nous capitulé les amis ou bien ne faut-il plus trop nous demander de réfléchir, nous les joueurs d’échecs ? Sommes-nous incapables de sortir de notre bulle et de regarder par delà notre petit monde de mystérieux illuminés éphémères, souvent appréciés d’aucuns par le semblant d’intelligence que nous dégageons mais aussi souvent catégorisés par d’autres comme de malheureux autistes qui passent le plus clair de leur temps à pousser du bois et à taper sur des pendules. Malheureusement, par notre attitude asociale, c’est cette dernière image que nous véhiculons trop souvent et qui ne cesse de nous isoler davantage.
Ne pouvons nous pas nous élever, même sporadiquement, au dessus de la mêlée, nous qui disposons d’une multitude de potentialités et de cadres à même d’enrichir le débat sur le plan national, aidés en cela par notre propre longue et riche expérience de 44 ans de survie fédérale ? N’est ce pas là notre responsabilité comme le signale si bien Lamalif ? Son appel pour participer à une réflexion collective sur les réformes à proposer pour notre (nos) fédération(s) sportive(s) serait-elle à ce point utopique ?
Plus qu’un outil d’information et une force de contestation importante, ME est un espace de réflexion. Utilisons toutes nos compétences pour proposer des pistes de réflexion, de changement. A l’instar de M. Lameti qui s’engage à continuer sa réflexion sur la crise des échecs et des sports à travers un essai sur la réforme de la comptabilité des fédérations sportives, créons des groupes de réflexions spécialisés dans telle ou telle matière et regroupons nos forces et nos « méninges » dans la sérénité et le sens du devoir pour assurer un meilleur avenir aux échecs en particulier et au sport en général.
Dans tous les cas, quelque soit notre position et notre point de vue, ne pas réagir à l’appel de Lamalif est inacceptable. A vos claviers donc, peut-être !
Mourad Métioui

