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Chefchaouen, les leçons d’une simultanée mémorable

Publié le dimanche 31 juillet 2005.


En complément à mon précédent article, rédigé d’une manière expéditive, comme ce fut le cas tout au long de ces quatre jours fantastiques, mais au rythme infernal, que nous venons de vivre à Chefchaouen, je voudrais souligner que cette extraordinaire prestation de Hicham constitue peut être un record arabe, dans ce type de compétition, surtout sur le plan individuel. Je réitère ici notre sincère gratitude à notre grand champion pour avoir répondu généreusement à notre invitation, malgré les circonstances difficiles de son voyage à Chefchaouen où, à peine arrivé, il devrait fournir un effort surhumain parcourant quelques 5000 mètres de marche en pleine concentration, sans concession. Il s’agit donc vraiment d’un record réalisé dans des conditions sérieuses, en séance publique !

L’idée de cette simultanée germait dans nos esprits depuis bientôt vingt cinq ans. Il aura fallu un concours de circonstances très favorables pour cristalliser ce rêve. Sur, le plan logistique d’abord : matériel, dispositifs techniques, et encadrement. Coté échiquéen, réunir une soixantaine de joueurs assidus de divers ages, niveaux et provenances. Choisir un cadre monumental en plein air, on ne pouvait trouver un décor aussi superbe que la charmante place d’ Uta Al Hammam, destination par excellence de touristes marocains et étrangers ; Mais tout ces efforts seraient vains sans avoir un climat estival propice pour les veillées nocturnes ; C’est un avantage à ne pas sous estimer.

La première leçon que l’on pourrait tirer de cette formidable expérience est qu’il n’est point nécessaire de réunir des fonds importants pour concrétiser de tels projets. Certaines instances publiques et sociétés privées gaspillent un argent fou pour sponsoriser des manifestations vouées à l’échec avant même d’avoir commencé ; Car ils leur manquent ce cachet identitaire qui enracine l’événement dans la terre locale. La ville de Chefchaouen au patrimoine culturel immense, dont le noble jeu demeure toujours une discipline populaire, pourra constituer un cadre extraordinaire pour ce type de manifestation, malgré une carence qui serait prochainement comblée en infrastructures de festivités ( Salle couverte par exemple).

La deuxième leçon est qu’il nous faudra tous , Fédération d’abord, clubs et joueursde compétition préserver la formidable image de marque du jeu d’échecs ; ne pas tomber, voire sombrer dans la médiocrité et opter pour les solutions de facilité ; c’est la seule garantie pour séduire et convaincre de futurs sponsors . Mieux vaut ajourner une activité échiquéenne nationale que de l’organiser dans des conditions minables, affectant l’image de notre jeu auprès du grand public ( pourvu qu’on ne joue pas comme souvent, à huit clos !) et chez les partenaires.

La troisième leçon est que de telles activités d’exhibition contribuent énormément à la popularisation du jeu d’échecs dans notre pays, et gagnent de nouveaux amateurs et passionnés dont certains occuperont un jour des postes de décideurs. A l’image du Pacha de Chefchaouen qui a participé activement à la réalisation de ce projet, au-delà de l’appui que l’on attendait de lui tout naturellement, ou du conseil municipal qui possède parmi ses membres beaucoup d’amateurs et joueurs d’échecs dont certains furent membres d’Alouan Fannia, tel que Laghdas (vice président) et Benchebtit véritable instigateur de cette mémorable simultanée. Et en guise de conclusion, dix jeunes participants à la simultanée sont venus d’une commune rurale Bab Taza de la province de Chefchaouen, ou une association d’échecs vient d’être créee avec l’appui d’Alouan Fannia ; Je suis persuadé que de tels gestes resteront gravés dans la mémoire de chacun, et gagneront de futures adeptes pour ce noble jeu, meme en abscence de pratique régulière


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