J’ai participé à la 4° Coupe de la Ville de Chefchaouen en tant qu’arbitre principal à la demande des organisateurs. Beaucoup de personnes savent qu’avant d’être arbitre je suis tout d’abord un joueur, puis un dirigeant et un organisateur. Mon regard est imprégné de toutes les expériences que j’ai pu accumuler depuis mes débuts en 1978 en tant que joueur de club, acquises sous chacune des fonctions que j’ai pu exercer. Ceci, pour en venir à ce qui nous intéresse et qui est "les points forts de la Coupe de Chefchaouen".
Tout d’abord je dois préciser que les organisateurs m’ont envoyé une invitation en bonne et due forme le 23 juin 2005 où ils me précisaient tous les détails concernant ma présence à Chefchaouen pour arbitrer les tournois. J’avais donc plus d’un mois pour me préparer et aménager mon emploi du temps.
Arrivé a Chefchaouen, l’accueil était comme en a pris l’habitude chaleureux et j’ai été pris en charge dès l’instant où j’ai rencontré mon ami Abdeslam Mouissou directeur du tournoi, je n’ai pas eu à attendre trop longtemps, bien que je sois arrivé un jour avant la date prévue pour l’accueil des participants.
Le soir même du dimanche 24 juillet je me suis rendu à la salle de Tournoi, qui est une ancienne église. Je me dois de rappeler qu’après le départ des colonisateurs du Maroc, des accords ont été signés afin que les lieux de culte chrétiens qui ne sont plus utilisés soient consacrés à des activités culturelles et c’est ce qui explique que bon nombre d’églises partout au Maroc accueillent des activités culturelles et artistiques. La salle était convenable, et se trouvait en plein centre de la ville.
Le lendemain matin les inscriptions ont débuté, les appariements ont été lancés vers 16h30, le retard étant dû à l’arrivée à la dernière minute de certains joueurs.
Le coup d’envoi a été donné vers 17h15, soit avec un petit retard de 15 petites minutes. Après cela toutes les rondes ont débuté aux heures prévues dans le programme.
Si les arbitres ont réussi à maîtriser au mieux la situation c’est parce que les organisateurs ont donné carte blanche à l’arbitre principal que j’étais !je n’ai eu à subir aucune intervention extérieure, aucune interférence n’est venue perturber le déroulement de la compétition. Il y a eu quelques incidents qui ont été vite réglés, et qui sont dus pour une grande partie à la méconnaissance de certains joueurs du règlement. Un joueur a reçu un avertissement dans une partie à la huitième ronde et tout de suite après a écopé d’une sanction lui ayant fait perdre la partie, laquelle était déjà perdue sur l’échiquier !
Ce qui démarque cette compétition de presque toutes celles auxquelles j’ai eu à prendre part, c’est bien sûr le public nombreux et connaisseur qui venait y assister, et particulièrement durant la ronde du soir, celle qui se déroulait entre 20h et 22h10.J’ai dû, à un moment demander au directeur du tournoi de fermer la portes et ne laisser personne entrer parce que les spectateurs, qui étaient donc nombreux commentaient entre eux les parties et dérangeaient les joueurs, mais la porte ne fut pas fermé mais c’est la spectateurs qui ont été rappelés à l’ordre.
La phobie des arbitres sera dorénavant les téléphones portables et la mauvaise foi des joueurs. Quand un téléphone portable sonne nous avons beaucoup de mal à localiser son propriétaire, et ci toutefois nous arrivons à le faire, il aura vite fait de l’éteindre ! Oui, les joueurs d’échecs sont malins.
Pour couronner le tout, les organisateurs ont eu la brillante idée d’organiser une simultanée géante, avec 60 participants. Ce qui a été géant, c’est la présence de GM Hicham Hamdouchi qui a joué cette simultanée et aussi le lieu choisi par les organisateurs pour l’accueillir, la Place Uta Hammam, une très belle place connue partout dans le monde pour son charme et pour sa beauté. (Voir photo de la simultanée).
Pour terminer, je dirais que les organisateurs ont pratiquement subventionné la participation des joueurs. Contre les 150 dirhams de frais de participation, les joueurs ont bénéficié de la participation, et de l’hébergement pendant toute la durée de la compétition, et je peux vous assurer que pendant cette période hautement touristique, pour 150 dirhams vous n’avez presque rien !
Que dire de plus, si ce n’est à la prochaine Coupe ?

