Al Bayane du 27/12/1993 « Spécial Echecs », page 11, par Boujemâ Kariouch

1er Championnat Open de semi-rapide de Salé COUPE A LA MEMOIRE DE FEU HADJ BOUSSELHAM MANSOURI
L’initiative de l’A. S. Salé d’organiser le 1er Championnat Open de Salé de parties semi-rapides (30 minutes pour chaque joueur), les 27 et 28 novembre 1993, en hommage à la mémoire du fondateur des Echecs Slaouis, Feu Hadj Bousselham MANSOURI, mérite plus d’un éloge dans une époque où l’on oublie facilement nos sportifs émérites.
Pour ce qui est du 1er championnat Open de Salé, que nous souhaitons annuel pour la circonstance, pas moins de 58 compétiteurs de différentes villes du royaume, participaient dans les catégories seniors et jeunes.
Au terme de 9 rondes, la victoire est revenue à Samir BENTEFRIT du Club Ibn Battouta de Rabat (7.5 pts) suivi de Lotfi ATOUBI de l’A. S. Salé (7.5 pts), Abdelaziz MOUNHIB du Cavalier d’Or de Casablanca (7 pts), Abdelouahed HOUARI de l’Atlas de Mohammedia (6.5 pts), Abdessadak MAALA du Cavalier d’Or de Casablanca (6.5 pts)…
Dans les autres catégories des jeunes, les vainqueurs sont : junior garçon : Mokhliss ADNANI (A. S. Taza), junior dame : Nawal El AMRI (A. S. Salé). Cadet : Rabie DAOUD (Chourouk Tanger), cadette : Sanae El AMRI (A. S. Salé).
Il est certain que cet hommage au niveau de l’A.S.Salé, honore un homme respectable et un dirigeant apprécié pour ses qualités humaines qui a consacré toute sa vie au service des intérêts vitaux de la patrie, participant activement à la promotion du sport par le canal d’associations sportives et en s’investissant pleinement dans ce domaine par différentes actions concrètes.
Né le 15 octobre 1907 à Salé, Feu Hadj Bousselham Mansouri a entamé ses études primaires et secondaires dans la ville des corsaires, avant de travailler dans la menuiserie.
Dans les années vingt, il s’engage dans le mouvement national pour l’indépendance du Maroc et s’érige au côté de la résistance, contre le Dahir Berbère imposé par le protectorat français, sa demeure devint le lieu secret des rendez-vous des membres de la résistance marocaine.
C’est à cette époque que Feu Hadj Bousselham fut l’un des fondateurs de la première équipe de football à salé.
Juste après l’indépendance, et délaissant tout autre occupation, il s’adonne tout entier au jeu d’échecs en jouant, en tant que professionnel parmi les clubs d’échecs européens de l’époque.
Durant cette époque créa le premier Club d’Echecs de Salé : le club des Amateurs. Son amour pour notre sport, le mena à créer, également, le cercle d’Echecs de Rabat, semant ainsi les graines qui donnèrent aujourd’hui de Rabat-Salé : Dr. Nejjar, Abdelfatah Bouabid, Abbou Mohammed, etc.
Ne restant pas là, Feu Hadj Bousselham contribua, bien évidement, à la création de la Fédération marocaine des Echecs.
Pourtant le public sportif marocain avide d’information, ne savait pas que cette « référence humaine » pratiquait toujours notre sport à l’âge de 65 ans !
Avec des résultats exceptionnels pour son âge.
Tel fut le parcours prestigieux de cet homme qui a consacré sa vie au domaine enchanté des 64 cases. Son influence et son rayonnement ont joué un rôle de tout premier plan dans le développement de la pratique des échecs à Salé en particulier et au Maroc en général. Oui vraiment c’était un professionnel.
Hadj Bousselham Mansouri nous a quitté le 11 octobre 1993. Il restera présent dans nos esprits et sur nos échiquiers.
C’est pourquoi, au risque de nous répéter, l’initiative de l’Association Sportive de Salé mérite tant d’éloge.
Pour illustrer le style solide et tenace de Feu Hadj Bousselham, son fils Otman a choisi une partie intéressante. Qu’il en soit remercié.

Une belle partie d’attaque ! Bien dans le style de Feu Hadj Bousselham lui qui n’avait pas arrêté « d’attaquer » le protectorat en son temps. Il le montre bien dans cette partie ou il « attaque » l’adversaire » et ne le ménage pas !


