Question classique d’abord : Qui est Noureddine Ziane au sens large de la présentation ?
Noureddine Ziane :« Je suis originaire de Tanger où j’ai suivi ma scolarité et où, bien sûr, j’ai appris les échecs. J’ai eu la chance de côtoyer de grands champions de Tanger, ce qui m’a permis de suivre une carrière de joueur en constante évolution. Il serait long de citer, ici, les tournois auxquels j’ai participé avec plus au moins de bonheur, mais l’expérience en tant que joueur est là. »
Toujours accro des Echecs malgré tes responsabilités professionnelles ? Ca tient de ta jeunesse remplie par ce sport ? Et ton niveau de jeu, où se situe-t-il actuellement ?
Noureddine Ziane : « Oui, en effet. Toujours accroc, c’est le terme juste. En dépit de mes activités professionnelles, je ne peux rater l’occasion de jouer. En toute circonstance : tournoi ou simple partie amicale. Les échecs restent profondément ancrés en moi. Mon niveau tourne autour de quelque 2300 points élo. »
Parle-nous de « l’Académie des Echecs » que tu as fondée aux USA ? Comment évolue-t-elle ?
Noureddine Ziane : « C’est une idée qui a germé lorsque je me suis installé au Etats-Unis après mes études dans ce pays. Comme ce projet – pour ne pas dire se rêve – me tenait à cœur et me taraudait l’esprit, je m’y suis investi totalement pour finalement arriver à mettre en place cette Académie qui pour moi constitue une grande référence. »
Tu suis, sans doute, sur la toile l’actualité échiquéenne nationale, notamment cette interminable crise qui ruine tout développement de notre sport. Qu’en penses-tu ?
Noureddine Ziane : « Ce que je puis en dire, c’est que cela est très regrettable tant pour la pratique que pour le développement de cette noble discipline. Une telle situation aurait pu être évitée au tout début. »
Que d’encre a coulé sur toi après que notre GM Hicham Hamdouchi t’a considéré comme étant « l’oiseau rare » à même d’avoir les moyens de remettre à flot la FRME, actuellement en dérive, sans que tu réagisses. Pourquoi ce silence ?
Noureddine Ziane : « Vous savez dans ce genre d’environnement de polémique qui couvre la FRME, il vaut mieux ne pas de se mettre en lumière pour éviter tout risque de mal interprétation de ma candidature. Ma candidature doit avoir un écho positif au sein des clubs, sinon il me faut ne pas insister. »
Tu nous confirmes ta disposition à être candidat à la présidence de la FRME si telle est la volonté de la majorité des clubs d’échecs marocains comme l’ont annoncé des cadres proches de toi ?
Noureddine Ziane : « En effet, je confirme ma candidature à la présidence de la FRME, comme je vous l’ai confirmé à Marrakech, à condition, toutefois, qu’elle soit bien accueillie par les clubs d’échecs marocains. »
Si tu venais à être élu à cette présidence fédérale, comment vas-tu t’y prendre pour remettre de l’ordre dans une fédération gravement mal en point tant sur les volets administratif, financier, technique qu’humain ? As-tu un programme bien défini à terme ?
Noureddine Ziane : « Il faudra commencer par le début. C’est-à-dire rassembler et mobiliser l’ensemble des composantes des échecs marocains. Se mettre au travail dans un esprit constructif. Il est certain que des réformes doivent être entreprises aux niveaux que vous citez. Il s’agira évidement de tourner une fois pour toute une page douloureuse et de reconstruire une Fédération moderne avec des hommes aux services de tous.
Oui, bien sûr, un programme est effectivement nécessaire, c’est le fondement de tout candidat à un poste de dirigeant. Je le dévoilerais en temps opportun.
Mais il y a un point sur lequel j’insiste : Ma candidature n’a qu’un seul but. Celui de remettre la FRME en situation de redonner aux pratiquants l’envie de jouer, d’apprendre. Aux cadres : l’envie de se former et d’élargir leurs connaissances. Aux dirigeants : l’envie de prendre des initiatives à même d’entretenir un développement continu de notre sport. Je ne suis ni pour ni contre les parties en conflit, je suis pour les échecs et rien que pour les échecs.
J’ai voulu une Académie des Echecs aux Etats-Unis et mon ambition actuellement et de faire quelque chose pour les échecs de mon pays. Si bien sûr les clubs le souhaitent. Ni plus ni moins. En d’autres termes la guerre des clans ne me concerne pas dans la mesure où j’agirai pour réunir et rassembler pour une cause qui est celle des échecs marocains. »
Les moyens ?
Noureddine Ziane : « Pour cela, j’ai ma (mes) petite(s) idée(s). Brièvement : Outre le soutien financier à titre personnel, il s’agira pour moi d’amarrer solidement la FRME à un grand partenaire national principal. Le sponsoring ne sera pas mis en marge des activités de la FRME. L’assainissement des finances de la FRME sera une autre priorité à mon sens. »
A quel « chantier » tu t’attaquerais en premier ?
Noureddine Ziane : « A côté des réformes citées précédemment, je pense particulièrement aux clubs d’échecs. Aux ligues. Loin de moi tous calculs électoraux. Ce n’est pas ma volonté. Ma bonne foi ne me le permet pas. Mais tout homme de bon sens doit en principe s’attaquer aux problèmes de fonds qui constituent un frein au développement d’un sport et à la gestion de celui-ci. A mon sens pour que la Fédération soit plus utile, plus efficace dans ses approches relatives à la gestion de la chose échiquéenne, il faut des clubs et des ligues « libérés ». C’est-à-dire, être, pour ces clubs et ces ligues, dans une position où prendre une initiative comme l’organisation d’une compétition, d’une formation ou toute autre activité de ce genre soit réellement possible pour eux. Il faudra y mettre les moyens. Mais cela sera un investissement rentable pour l’avenir. »
Tu sais sans doute que le ministère de tutelle considère les Echecs comme son dernier souci ?
Noureddine Ziane : « Cela aurait pu être autrement si la FRME avait eu une organisation forte, un nombre d’adhérent (clubs et pratiquants) plus substantiel. Avec seulement quelques 3000 licenciés, si je ne me trompe, comment voulons-nous une attention particulière de notre ministère de tutelle. Augmentons le nombre de nos licenciés d’abord, mettons en place des centres de formation (école d’échecs, cadres), ayons des clubs et des ligues qui « bougent », multiplions la communication, etc, il en sera autrement, cela est certain. »
Un mot pour la fin ?
Noureddine Ziane : « J’adresse mes salutations vives à tous les membres des échecs marocains. Je voudrais réitérer ici, puisque vous m’en donner encore l’occasion, ma volonté à apporter ma contribution pour remettre sur un pied solide cette noble discipline que nous aimons tous. Enfin, je ne peux manquer d’avoir une pensée pour Tarik Rrhioua "Que son âme repose en paix" !
Merci, Noureddine Ziane.
Noureddine Ziane : « Merci à vous également ».






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