• Evidemment, il ne s’agit pas ici de faire quelconque allusion à Si Mustapha Amazal président en exercice de la FRME. Celui-ci est quotidiennement présent dans la salle du jeu, même si son esprit est, parait-il, ailleurs. Il suivait tant bien que mal les péripéties techniques du tournoi .Un président de fédération n’est pas sensé être au point des derniers développements de la théorie, ni même exceller dans l’analyse post-mortem...
• L’autre Si Mustapha auquel j’ai pensé ce soir est feu Bakkali , que Dieu l’ait en sa sainte miséricorde ; Triple Champion du Maroc, vainqueur de la première édition qui s’est déroulée à Tétouan il y’a de 40 ans et quelques mois. Mohamed Tissir le sera aussi, une ronde avant la fin du Championnat. Il n’éprouva aucune difficulté face à Samir Bentefrit lors de cette huitième ronde. En effet celui-ci entra dans une suite « théorique » quelque peu douteuse contre la Shviechnikov de Tissir, qui égalisa rapidement au 10 coup après d5, profita intelligeamment de son pion de plus et joua la finale avec une finesse remarquable. Avec 7,5 pts sur 8, il aura fait un excellent parcours. Bentefrit devra batailler dur, demain, contre Mokhlis Adnani pour assurer sa place au sein de l’équipe nationale.
• Adnani s’est échappé aujourd’hui de la gueule du loup, face à Oussama Bouhdoun. Ce dernier opta pour une variante aiguée contre la défense française , sacrifia deux pions, et obtint une formidable position d’attaque, qui aurait mérité un prix de beauté, s’il avait trouvé les meilleurs coups. Moukhlis parvint à contenir l’attaque avec son sang froid et ses astuces habituelles, et concrétisa impeccablement son avantage matériel. si Feu Bakkali était présent, il aurait dépensé des heures entières à analyser la position et suggérer les suites les plus invraisemblables...
• Mohamed Arbouch, qui est maintenant coude à coude avec Adnani (5,5 sur 8) fut fidèle à sa Trompovsky préférée contre le coup 1...Cf6 de Nouli. Son adversaire essaya de bloquer la position mais négligeait ses cases noires qui seront vite dominées par Arbouch et exploitées magistralement pour une attaque irresistible à l’Aile Roi.
• Khalil Nafri, malgré son net avantage en milieu de partie, parait très mal à l’aise face à El Messioui . il voudrait précipiter le cours des événements et jouait, par conséquent, sans précision. Mais aux échecs seule la dernière faute est fatale...Nafri doit s’estimer heureux aujourd’hui, d’autant plus qu’avec 5 pts sa place est assurée parmi les 6 premiers.
• Enfin, Samir Benaino, se sursauta face à Kamal Daoudi ! Il traita "sérieusement" son ouverture anglaise, ne laissant aucune chance à son adversaire, qui voulait absolument ce point, synonyme d’une place au sein de l’équipe nationale. Kamal est un joueur talentueux, encore jeune et en constant progrès. Mais c’est sa conduite qu’il lui faut améliorer. Quand on perd une partie d’échecs, la moindre des choses est de saluer son adversaire et signer sa feuille de partie... surtout lorsqu’on est devant l’arbitre en chef et le président de la FRME en personne ! l’amertume, on doit la garder pour soi même, si on veut devenir un vrai champion. Quant aux autres péripéties qui se seraient produites dans les coulisses, et qui auraient justifié la fureur de Kamal, il faut les prendre toujours au Conditionnel !
