L’invention du Chaturanga, littéralement "quatre rois", est attribuée par beaucoup à Sissa, brahmane du nord de l’Inde. Différentes versions enrichissent cette légende.
Selon certains, le sage souhaitait par ce jeu distraire un jeune roi neurasthénique. Pour d’autres, le sage voulait donner des leçons de morale politique à son souverain en lui montrant qu’un roi sans ses soldats était sans force et sans défense.
Le Chaturanga se présentait en un jeu de 64 cases et se pratiquait à deux ou à quatre joueurs. Le hasard y prenait une part importante car les joueurs utilisaient des dés. Le but n’était guère différent d’aujourd’hui.
Il fallait détruire l’armée de son adversaire et capturer le roi. Les quatre camps différents étaient situés aux quatre coins de l’échiquier.
Le roi pièce majeure, comme aujourd’hui, était entouré des cavaliers, des chars (les tours actuelles) et d’autres pièces que l’on ne retrouve plus aujourd’hui : les ministres, les éléphants (sauf en Russie même si dans les jeux standard il a une mitre d’évêque) et les fantassins.
Le ministre et l’éléphant se déplaçaient en diagonale respectivement d’une et de deux cases. Leur puissance était donc relativement limitée.
Le fantassin, en qui il faut reconnaître le pion actuel, se déplaçait d’une seule case en avant et n’était pas autorisé à se déplacer de deux cases au premier coup.
Impressionné et ravi par cette invention, le souverain indien, voulut remercier Sissa et lui proposa de choisir lui-même sa récompense. Sissa répondit :
" Il me faudrait un peu de blé"
"C’est parfait Sissa, répondit le monarque, mais combien en veux-tu donc ?"
"voilà : vous placerez un grain de blé sur la première case de l’échiquier, puis deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, ainsi de suite en doublant le nombre de grains à chaque nouvelle case jusqu’à la soixante-quatrième".
Amusé et soulagé par cette requête le roi accepta tout de suite. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir qu’au bout du compte, cela faisait quelques 18 446 744 073 709 551 615 grains de blé soit suffisamment pour recouvrir la France toute entière de blé sur une hauteur de un mètre.




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