Mes débuts dans la composition des problèmes d’échecs étaient l’une de mes meilleurs périodes de créations, mes premiers essais tournaient autour d’effets classiques tels le clouage, les auto- blocages et les interceptions. La source de cet intérêt provient des mes premières vraies rencontres avec ce domaine .J’avais en ma possession un ancien numéro d’Europe Echecs (octobre 1984),quelques mois auparavant , un grand compositeur vient de s’éteindre (le 28 mars 1984) à l’âge de 87 ans , il s’agit de Comins Mansfield,un grand génie du deux coups selon l’expression du rédacteur de l’époque Robert Meignant,qui avait présenté 12 problèmes de Mansfield tous imprégnés d’un beau jeu réel avec des clés subtiles et des positions agréables à voir. J’étais très attiré par ces problèmes classiques qui présentaient des mats les uns plus beaux que les autres et étais amené sans le savoir à composer des problèmes qui répondaient à ces exigences classiques « la beauté des tableaux de mats » et « la richesse des effets portés par les coups noirs et blancs ».
Mon premier essai avait été la présentation d’un demi clouage, un stratagème qui est porteur de ces effets souhaités, après la clé sans éclat ! , les blancs menacent 2 Df4 mat ,4 variantes sont intéressantes à étudier, il s’agit de la réaction du demi clouage noir (Fd4-Cb4) , sur les coups 1...Cd5 et 1...Cd3 , les blancs matent en profitant du clouage du Fd4 , 2 Txe6 et 2 De2# , mais sur les défenses 1...Fe3 et 1...Fe5 , on a que de simples auto blocages , les blancs matent sans exploiter le clouage du Cb4 , en effet, j’ai mal compris la définition du demi clouage, mon idée était fausse , mon problème a cumulé certes 5 auto blocages avec 4 interceptions,mais j’ai présenté un demi clouage incomplet.
Phénix 1991
1.Dg4 ! [2.D×f4‡]
1...Fé3 2.f3‡
1...Fé5 2.C×ç5‡
1...Cd5 2.T×é6‡
1...Cd3 2.Dé2‡
1...Tf3 2.Dg6‡
1...é5 2.Cf6‡
J’ai dû attendre trois ans pour présenter une nouvelle réalisation, ou j’ai exploité un demi clouage dans un deux coups .la position est très agréable à voir ,sans pions blancs. La clé est très intéressante, après 1 Cd4 ! , les blancs menacent 2Cdf3# ,il suffit donc de déclouer le pion g4 ! .Sur le 1er déclouage 1 ...Ff4 , le cavalier noir f2 est cloué d’où 2.Txg4# et sur le 2ème déclouage 1...Ce4 , le Fou noir g3 est cloué d’où 2.Th2#. Les autres variantes présentent des interceptions, des ouvertures et fermetures et des déclouages. Un contenu riche et un deuxième essai fructueux.
1.Cd4 ! [2.Cdf3‡]
1...Ff4 2.T×g4‡
1...Cfé4 2.Th2‡
1...Ch3 2.F×g3‡
1...Ch1 2.Th2‡
1...Fç4,Fé2,Fé4 2.D×g3‡
1...Cçé4 2.Cf5‡
Trois années se sont écoulées ; j’ai accompli un 3 essai, cette fois, j’ai associé un demi clouage noir avec un déclouage d’une pièce blanche qui exploitera elle-même le demi clouage noir, plus un déclouage d’une troisième pièce noire (Fou noir e7). Le problème a été apprécié par la juge qui lui discerna une distinction majeure : le 4 prix. Le juge a décelé un autre thème que je n’ai pas identifié au moment de la composition de mon problème, sans le savoir, le thème que j’ai développé existait déjà sous le nom du thème Martin 1 réalisé en 1947 : « Deux pièces noires sont demi clouées, chacune des deux pièces en jouant un coup quelconque pare la menace. Mais une deuxième menace est rendue possible par suite du clouage de la pièce noire restante. Pour parer ces deux menaces, la pièce noire corrige en déclouant une troisième pièce noire. Les blancs matent car la pièce noire restante est clouée. »
Donc le thème présenté devrait être associé thématiquement avec une correction noire obligatoire dans la conception de l’idée : « une correction noire est composée d’un coup noir arbitraire (1...Cc6 joue) amenant un mat (2.Td4 #( et d’un coup particulier de cette même pièce noire (1...Cb4 !) corrigeant mais avec un effet nuisible créant un nouveau mat (2.Dxd4#) »
1.Cég4 ! [2.Cf6‡]
1...Ce5 2.T×d4‡
1...Cb4 ! 2.D×d4‡
1...Te5 2.T×d4‡
1...Td6 2.Dé5‡
1...C6 ,Tf5,Té5 2.T×d4‡
Après Sept ans , me revoilà plongé dans mon problème réalisé en 1991 ,j’avais à cœur de remédier la fausse conception de mon premier demi clouage ,j’ai refait le problème avec la même clé, mais cette fois le demi clouage est exploité de manière complète !!. la barre est redressée !
1.Dg4 ! [2.D×f4‡]
1...Fé3 2.d3‡
1...Fé5 2.Fd5‡
1...Cd5 2.Cç5‡
1...Cd3 2.Cç3‡
1...C×ç2 2.F×ç2‡
1...Dé3 2.C×g3‡
1...g5 2.Df5‡
Ce problème à la Fischer « 1 e4 joue et gagne ! » , le demi clouage est encore merveilleusement bien exploité, sur 4 variantes des fous et cavaliers noirs formant le demi clouage noir , on a 4 mats blancs facilités par les effets nuisibles des coups noirs. Dans le couple 1...Cd4 et Cd6 , on a en prime un anti-dual « 2 coups noirs a et b ont le même effet nuisible qui pourrait permettre 2 suites blanches A et B. Mais a a un effet positif qui empêche B de fonctionner et b a un effet positif qui empêche A de fonctionner. »
1.é4 ! [2.Df5‡]
1...F×é4 2.d4‡
1...Fé6 2.Dd4‡
1...Cd6 2.Dé6‡ (2 .Cf7‡ ??)
1...Cd4 2.Cf7‡ (2.Dé6‡ ??)
1...T×f8 2.Cg6‡
1...Tg5 2.T×g5‡
1...Tg7+ 2.F×g7‡
1...f×é3 e.p. 2.f4‡
1...D×ç2 2.D×d5‡
Voici donc mon histoire avec le demi-clouage qui dure depuis 15 ans ,je continue encore à exploiter ce stratagème dans les différents genres du problème d’échecs , un procédé insatiable et accompagné de merveilleuses finesses et d’effets agréables.
Bonne composition pour le nouveaux mordus !












