Après la lecture du précédent épisode turinois, vous aurez peut être été marqués par la démarche de Hassan Semlali qui avait, paraît-il, arrangé une rencontre entre Karim Ismail et les membres de la commission d’éthique. Enfin, c’était l’impression que Hassan Semlali avait donnée à Karim Ismail.
Ismaïl avait été très surpris par cette convocation et cela l’avait bien embêté, voire même « emmerdé », selon ses propres dires. Il m’avait expressément confessé : « je suis venu à Turin pour disputer les olympiades, pas pour servir de témoin, de bouc émissaire … surtout pas pour être « utilisé » par la FRME pour ses propres besoins.
Cette soi-disant convocation, a-t-elle vraiment été planifiée par la FIDE ou bien était-ce un simple coup de poker du vice-président de la FRME ? Info ou intox ? N’était-ce pas un bluff pur et simple dont le but était de préparer le terrain et surtout anticiper la vraie convocation qui n’allait manifestement pas tarder à arriver ?
Ou bien Semlali avait-il réellement pris rendez-vous avec la Commission pour les prendre au dépourvu et leur amener un témoin du bord de la FRME avant que d’autres témoins ennemis ne débarquent à Turin !
Les événements postérieurs allaient effectivement démontrer que les membres de la commission d’éthique avaient déjà programmé de contacter plusieurs joueurs, profitant de leur présence aux olympiades, et ce afin de leur poser quelques questions très précises. Des Marocains et des Tunisiens allaient en effet être approchés par les membres de la commission d’éthique.
Ainsi, un beau jour, alors qu’Ismaïl Karim venait de terminer une partie d’échecs lors d’une ronde des olympiades, il apprend qu’il était attendu par deux membres d’une commission de la Fide. Le voilà en plein dans l’affaire ! Ismaïl Karim faisait ainsi sa grande rentrée dans la scène du dossier de l’arbitrage marocain.
Lui qui était venu à Turin pour jouer aux échecs, le voilà concerné par l’éthique ! Comment en était-il arrivé là ? ... La première question qu’on allait lui poser avait presque donné à la rencontre des allures d’interrogatoire. « Pourquoi, Monsieur Ismaïl Karim ne vous êtes vous pas présenté le mardi matin à 9 heures ?? » Hein ?
Quelle n’était pas sa surprise, en effet ! C’était donc vrai ! Une réunion était bel et bien prévue, pas du bluff, pas de l’intox, vrai de chez vrai, Semlali comptait bien amener l’agneau au sacrifice et offrir ainsi un vrai témoignage, un témoignage de toute première importance à l’honorable Commission d’éthique de la Fide avant que les filous de Maroc échecs ne pointent leur nez !
Mais M. Semlali ne pouvait prendre le risque d’y aller avec un Ismaïl réticent et têtu qui n’allait dire que la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ! Constatant qu’il avait échoué dans sa mission et ayant compris qu’Ismaïl était intraitable, Hassan Semlali n’espérait sans doute plus rien, ou plutôt plus qu’une seule chose…
De toutes ses fibres, du fin fond de ses tripes, il espérait peut–être encore que Karim Ismaïl disparaisse de Turin, qu’il s’évapore, comme par enchantement, pour éviter que la commission d’éthique ne le croise et s’accapare d’un témoignage dévastateur pour la FRME… Malheureusement pour le vice, le magicien n’était pas là pour lui exaucer son vœu !
En parlant du magicien, pourquoi Amazzal avait-il pris le risque de sélectionner Ismaïl Karim et le mettre entre les mains d’un Hassan Semlali trop tendre, pas assez ferme… ? Rien à voir avec la grande terreur Amazzalienne, basée sur les menaces, les insultes… Amazzal le regrette certainement et va sans doute le regretter pour longtemps encore. Attendait-il une coopération aveugle, reconnaissante, totale de Karim Ismail ? Pensait-il que Karim Ismaïl était vendable, manipulable ?
Pourquoi Amazzal a-t-il sélectionné Ismail Karim ? Telle est la question à laquelle seul Amazzal peut répondre. Lui seul détient tous les réponses… y compris les plus sombres, les plus lugubres, des réponses qu’on ne connaîtra sans doute jamais, secret d’état, top secret, intérêt suprême de la nation !!
Pourquoi Amazzal n’a-t-il pas effectué le déplacement à Turin afin de surveiller de très près les joueurs et les contrôler ? S’il était là lui, il aurait pu, par exemple, renvoyer Karim Ismaïl illico presto, en France, de là où il était venu, par le premier Train… Manu militari s’il le faut !
Non monsieur ! Pas en Europe monsieur ! Pas ici ! Ici vous n’êtes qu’un simple citoyen du monde, vous n’avez pas de pouvoir. Pas de Clubs pour vous soutenir, personne ! Passée la frontière, vous n’avez plus aucun pouvoir, Monsieur !
Peut être Amazzal avait-il été conseillé par certains de ne pas se déplacer, ne pas se montrer à Turin, pour éviter de subir les interrogatoires de la commission d’éthique. Sans doute ! Car Amazzal, en fin limier, avait préféré répondre par des courriers, pour se défendre sur le dossier en intégralité, sans qu’on l’interrompe ni qu’on le piège.
Nous découvrirons ensemble dans les prochains épisodes quelques-unes des défenses incroyables qu’il a utilisées… et comment il comptait et compte encore sur l’aide précieuse de certains dirigeants de fédérations des pays arabes, car l’un de leurs arbitres est impliqué dans le dossier… En défendant leur arbitre, ils allaient aussi défendre tout l’arbitrage Marocain. Malin et optimiste notre Amazzal ! Peut être un peu trop !

LE BON
