Pourquoi des joueurs d’échecs marocains en sont-ils arrivés à témoigner contre leur propre fédération devant la plus haute instance échiquéenne au monde ? C’est parce que la fraude est audacieuse, colossale.
Du jamais vu ! En effet, ce dossier est à ce point « sale » que la Commission d’éthique n’a pas tardé à s’en rendre compte. Leur constat fut catégorique : « A dirty Case ! », ont-ils martelé. Une sale affaire ! Sans commentaires ! Voilà où le facteur a mené les échecs marocains.
En effet, les membres de la commission de la Fide allaient vite découvrir, à leur tour, de nombreux points sombres dans le dossier de l’arbitrage marocain… Il leur apparut clairement qu’ils étaient face à une grande cellule mafieuse qui fabriquait, à la chaîne, de fausses attestations pour de futurs arbitres internationaux. Une nébuleuse dont le siège se trouvait au sein des bureaux de la FRME à Casablanca, la capitale économique du Maroc.
Casablanca, cette ville qui a donné son nom à un film célèbre dans lequel le héros, Bogart, joue une variante de la française que d’aucuns ont même baptisée variante de Casablanca (http://chessmagic), voilà que Casablanca redevient célèbre dans le monde échiquéen grâce à un personnage non moins mythique, l’organisateur mondial aux trois casquettes dont la plus célèbre est celle qui porte le logo de la poste.
Casablanca qui était rentrée dans l’histoire par la grande porte grâce à un bon coup de Bogart redevient notoire grâce à un sale coup d’Amazzal !
Une cellule dangereuse qui a ruiné l’image de l’arbitrage marocain et qui a comme devise la falsification éhontée à grande échelle, la fabrication en masse de fausses attestations. Contre tous, contre vents et marées, coûte que coûte ! En quelques années seulement, ils sont devenus des professionnels de la fraude.
Même Al Capone ne pourrait pas faire mieux ! Car notre mafia à nous n’a pas de règles, pas de morale, pas d’éthique ! Elle est dirigée par un parrain omnipotent qui ne respecte rien ni personne, un chef qui ment comme il respire. Et qui n’est jamais rassasié ! La falsification pouvait encore passer inaperçue si la gourmandise d’Amazzal n’était pas sans limites.
Mais non, notre facteur veut plus, toujours plus. Plus d’arbitres, plus de titres, plus de gloire, fut-elle maculée de fraude. Falsifier ou périr ! Je falsifie donc j’existe, telle semble être sa philosophie.
Ce sale dossier de l’arbitrage s’est répandu dans le village olympique tel un éclair, comme une traînée de poudre. Tout le monde en parlait, des plus hauts responsables jusqu’aux plus « petits » joueurs, tous semblaient répéter en chœur : « what a dirty case ! ».
Tous les officiels étaient au courant, les joueurs y trouvaient souvent matière à discussion en dehors des heures de jeu. « What a dirty case ! » était sur toutes les langues. Incredible ! Amazing this Amazzal ! Et voilà que le scandale dont toutes les fédérations arabes étaient au courant depuis 2005 venait d’éclater subitement, au grand jour, devant le monde entier.
Malheureusement pour eux, les arabes n’avaient pas su trouver la bonne parade pour étouffer le scandale à temps, avant qu’il ne se propageât et atteignit des dimensions incontrôlables. Les fédérations arabes avaient pourtant été prévenues !
Malheureusement, elles sont restées calmes, honteusement zen, et ont préféré d’ignorer les conséquences dévastatrices que la révélation du dossier pouvait avoir. Elles ont sous-estimé l’honnêteté et la bravoure de quelques joueurs de haut niveau, connus et respectés de tous, qui ne pouvaient voir la gangrène dévorer leur fédération et laisser faire.
La goutte qui a fait déborder le vase fut la salve des suspensions arbitraires et expéditives que l’assemblée générale du dimanche noir a distribuées, à droite et à gauche, à l’encontre de quelques braves gens qui ont osé dénoncer les dysfonctionnements de la FRME. Cette énième provocation a déclenché l’irréparable.
Le dossier a vite fait d’atterrir entre les mains d’une commission d’éthique dont la majorité de ses membres se trouvent en Europe occidentale… Il a suffi d’un click de souris et le tour était joué. Certains dirigeants des fédérations arabes, présents à Turin, en ont voulu aux administrateurs de Maroc Echecs…
Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ! Trop tard messieurs ! Nous n’avons que faire de vos reproches ni de vos sous ! Ils avaient de quoi être fâchés. Deux arbitres arabes (non marocains) étaient également dans le coup.
Ces hauts dirigeants étaient prêts à continuer de pourrir l’arbitrage marocain, sans aucune gêne, sans aucune honte. Seulement voilà, le dossier était, est, et sera toujours indéfendable.
Ils ont tenté le diable pour protéger un autre diable, un arbitre sans scrupule qui a été trop loin. Pourquoi ? Pour sauver l’image des échecs Arabes ? Mais quelle image ? Vous l’avez déjà salie, souillée, messieurs !
Il fallait y penser avant, au tout au début, et ne pas laisser le mal ronger impunément la fédération royale marocaine des échecs. Il fallait agir, sanctionner la fraude et la corruption, avant que la plaie ne devienne béante et attire microbes et mouches de tout genre.
La FADE n’ayant rien fait, la fraude est devenue légion, s’est généralisée et a atteint une dimension incontrôlable. Le dossier est à présent entre les mains de la FIDE. A elle maintenant d’en faire ce que bon lui semble ! Pourvu que la Fide ne tombe pas dans les mêmes erreurs que celles de la Fade. Car, quoi qu’il arrive, nous serons toujours là et nous irons jusqu’au bout en criant toujours haut et fort : Au scandale ! Dans toutes les langues !
A Turin, nous avons ressenti chez la Commission d’éthique un certain sérieux et un professionnalisme certain. La balle est maintenant dans le camp du comité directeur. A lui de prendre les dispositions nécessaires et de valider ou pas le compte-rendu des investigations de la Commission d’éthique, au prochain « Board » de la Fide prévu les 22 et 23 septembre à Elista, en Kalmoukie, en marge du championnat du monde unifié ou Veselin Topalov affrontera Vladimir Kramnik.












