Nous soussignés, présidents des Ligues Régionales des Echecs, manifestons par la présente notre désaveu de la Fédération Royale Marocaine des Echecs ainsi que notre profond mécontentement face à la situation déplorable que connaît notre noble sport sous la présidence de M. Mustapha Amazzal, conséquence d’une gestion financière catastrophique, de l’absence de structures fédérales effectives et efficientes à même d’assurer une gestion transparente et démocratique, d’un manque manifeste de stratégie de développement du jeu, ainsi que de quelques violations flagrantes de la loi. En particulier, nous reprochons à la FRME les faits suivants :
I. Une gestion financière catastrophique :
1. Une gestion déplorable et inéquitable des ressources financières disponibles.
Un bon exemple est illustré par la misérable allocation occasionnellement octroyée aux ligues, ou du moins à celles qui sont bénies par la fédération. En effet, une partie non négligeable des recettes des ventes des jeux d’échecs (1/10) ainsi qu’une partie conséquente des recettes annuelles des cotisations des joueurs (1/2) et des clubs (1/3) devraient en principe être redistribuées aux ligues.
Sur le millier de jeux en moyenne que la fédération vend annuellement à 50 DH le jeu, un dixième de ce montant (1/10 × 50.000 DH = 5.000 DH) devrait être remis aux ligues. Sur les 45.000 DH de recettes annuelles provenant des cotisations (3.000 joueurs × 10 DH + 100 clubs × 150 DH), un montant de 20.000 DH (1/2 × 30.000 + 1/3 × 15.000) devrait être redistribué aux ligues au prorata du nombre de clubs et de joueurs qu’elles comprennent.
Or, sur les 6 années de recettes fédérales durant le règne de l’actuel président, les ligues n’ont reçu en tout et pour tout que 15.000 DH des 150.000 DH (6 × 5000 + 6 × 20.000) dus. Où sont passés les 135.500 DH restants ?
2. Une incapacité d’attirer des fonds extérieurs et de trouver des ressources financières décentes, à même de garantir une qualité minimale à l’organisation des différentes compétitions nationales. Au contraire, la fédération prend aux clubs et aux ligues plus qu’elle ne leur donne. A titre d’exemple, nous regrettons les conditions pitoyables et honteuses dans lesquelles se sont déroulées les compétitions récentes suivantes :
a) La phase finale (play-offs) du championnat National par équipes, solennellement baptisée « Festival de Casablanca 2006 », mais dont les conditions d’hébergement indécentes couplée à l’absence de prise en charge de la nourriture ont constitué une première dans l’histoire de ces championnats.
b) La dernière édition du « Festival National des Echecs de l’Enfant » de Khémisset (2006) qui, malgré les efforts des organisateurs, a été tout simplement sabotée par la fédération qui est venue imposer de nouvelles règles à la dernière minute et qui, au lieu de soutenir financièrement les organisateurs, est plutôt repartie, sans le moindre scrupule, avec les recettes ! Un vrai fiasco selon les termes des organisateurs eux-mêmes, avec comme résultat des dizaines de parents et d’enfants déçus et autant de rêves brisés.
II. Une absence de structures démocratiques au sein de la fédération qui a engendré des abus flagrants de pouvoir :
L’absence d’un bureau fédéral effectif et de comités fédéraux dignes de ce nom, conséquence notamment de nombreuses démissions, a engendré une situation de chaos général au sein de la fédération qui ne communique plus qu’épisodiquement et unilatéralement avec la communauté échiquéenne nationale. Le président prend désormais seul, comme bon lui semble, toutes les décisions qu’il souhaite, de quelque nature qu’elles soient, sans aucune consultation préalable avec les parties concernées.
Au contraire, au lieu de décentraliser le pouvoir et soutenir les ligues, le président leur a retiré des compétences comme, par exemple, le droit d’organiser les phases éliminatoires des championnats individuels nationaux. Les nombreux appels et tentatives des joueurs et dirigeants de venir à la rescousse d’une fédération en mal de communication et d’efficacité, qu’elles aient été directes ou via le seul forum actuellement disponible sur le net (www.maroc-echecs.com), sont restés vains. La fédération semble faire la sourde oreille et quand elle réagit, elle le fait sous forme de menaces, d’intimidations, de suspensions.
Le président divise pour mieux régner, n’hésitant pas à semer la discorde au sein des ligues dont les présidents ne sont pas d’accord avec ses méthodes des plus douteuses. A plusieurs reprises, la fédération a récemment sanctionné de façon arbitraire et abusive des dirigeants et des joueurs de haut niveau qui ont osé crier au scandale face aux exactions de la FRME.
III. Une absence de planification et de vision stratégique à long terme pour le développement du sport :
A part quelques tournois et compétitions qui n’ont de « festival » que le nom et dont l’organisation chaotique et improvisée dénote d’un manque flagrant de compétence et une absence totale de planification à long terme, ce qui se répercute incontestablement sur la qualité des conditions de jeu et d’hébergement, la fédération a montré une absence totale de vision stratégique de développement du jeu d’échecs (absence de stages de formation et de perfectionnement pour les joueurs, les entraîneurs, les dirigeants, les arbitres).
IV. Des falsifications répétées et à grande échelle :
Il est regrettable de constater que la fédération a eu recours, à plusieurs reprises, à des faux témoignages et de fausses attestations pour l’obtention de « normes » lui permettant de demander des titres d’Arbitre International auprès de la Fédération Internationale des Echecs.
Le préjudice porté à l’image du Maroc au niveau international suite au scandale révélé par le site www.maroc-echecs.com et dont les faits ont été rapportés, preuves à l’appui, à la fédération internationale des échecs, est énorme, sans précédent dans l’histoire du jeu d’échecs au Maroc.
Nous nous indignons de cette fédération chaotique qui n’arrive plus à gérer la situation catastrophique du noble sport dans notre pays, une fédération qui abuse de son pouvoir, manque de respect, menace, humilie et sanctionne tous ceux qui ne sont pas d’accord avec ses méthodes douteuses.
Nous désavouons cette fédération qui manque de perspective de redressement de la situation des échecs au Maroc et qui est incapable de sortir notre noble sport du gouffre dans lequel il a plongé, une fédération qui nuit à l’image des échecs marocains.
Nous lançons ici un appel solennel aux autorités compétentes, particulièrement "Le Secrétariat d’Etat au Sport", pour qu’ils interviennent d’urgence pour sauver notre discipline.
Signé :
1. Mohamed Hajaj, Président de la Ligue du Nord-Ouest (13 clubs),
2. Ahmed Sirine, Président de la Ligue du Gharb (15 clubs),
3. Nakib Idrissi, Président de la Ligue du Centre (27 clubs),
4. Toumer Tadlaoui, Président de la Ligue de Souss (12 clubs),
5. Abdelkader Tarfaoui, Président de la Ligue du Sud (3 clubs).

